Tchad : Bakara vibre au cœur de la création : le festival « Au Cœur de l’Art » ouvre sa 3e édition

C’est sous un soleil de plomb que le quartier de Bakara, poumon culturel de la capitale tchadienne, a vécu un moment d’intense ferveur ce lundi 4 mai 2026. Le festival « Au Cœur de l’Art » a officiellement lancé sa troisième édition, portée par l’Ambassadeur itinérant de la Ville de N’Djamena, Célestin Mawndoé, et son équipe. Jusqu’au 10 mai, l’espace culturel « Au Nom de l’Art » va vibrer au rythme des créateurs, des artistes et des penseurs venus célébrer un thème fédérateur : « Réimaginer l’éducation ».

Un lancement entre sport, parade et hommages

La cérémonie d’ouverture a débuté par un match de football à l’école publique de Bakara, en hommage à l’attaquant Marius Mouandilmadji. Puis une parade haute en couleurs a investi les artères du quartier, précédant le coup d’envoi officiel donné par le maire de N’Djamena, Senoussi Hassana Abdoulaye, également président de l’Association nationale des communes du Tchad. Entouré du maire du 7e arrondissement, Adoum Hassan Djimet, et de nombreuses personnalités locales, il a salué l’engagement des initiateurs avant de couper le ruban symbolique.

Un moment particulier a marqué cette journée : l’organisation d’une démonstration de taekwondo en l’honneur du champion Betel Casimir, visiblement ému par cette reconnaissance partagée avec son compatriote Mouandilmadji. « J’ai été profondément touché », a-t-il confié, soulignant la rareté d’initiatives mêlant sport et culture dans un même élan de célébration.

L’éducation au cœur des débats

Cette année, le festival place l’éducation au centre de ses réflexions. Pendant une semaine, des élèves issus de plusieurs établissements scolaires seront conviés à des ateliers, conférences et performances où l’art devient outil de réflexion et d’apprentissage. « Nous souhaitons que l’art retrouve sa place dans les écoles », a martelé Célestin Mawndoé, promoteur du festival, rappelant que la créativité constitue un moteur puissant de transformation sociale.

Le maire de N’Djamena a abondé dans le même sens, affirmant que la commune accorde « une place importante à la culture, levier essentiel de cohésion sociale, d’expression de notre identité et de valorisation de notre richesse humaine ». Un soutien que les organisateurs espèrent voir se concrétiser au-delà de l’événement.

Une programmation riche et ouverte sur l’extérieur

Le festival « Au Cœur de l’Art » ne se limite pas aux frontières tchadiennes. Cette troisième édition accueille plusieurs invités internationaux de renom : A’Salfo, leader du groupe Magic System, venu pour un partage d’expériences avec les jeunes participants, mais aussi Dicko Fils, Jacques Greg Belogo, Olivier Abanda, Marie Thérèse Ngono Embo, ou encore les artistes Félicia, Moustik Karimastik, Simon Pierre Ndoye, Tao, San Yoshida et Kayawoto.

Des professionnels des médias et de la création sont également présents, parmi lesquels Mory Touré, Sasha Gankin, Abdoulaye Mancou, Serge Binen, Didier Awadi et Abou Kamaté.

Au programme de la semaine : spectacles, expositions, conférences, ateliers participatifs et rencontres intergénérationnelles. L’objectif affiché est clair : faire de l’art un espace de rencontres, de partage et de transmission, capable de nourrir les consciences et de former la jeunesse.

À travers cette troisième édition, Bakara réaffirme son statut de creuset artistique de la capitale. « Au Cœur de l’Art » s’impose désormais comme un rendez-vous incontournable du calendrier culturel tchadien, porté par une dynamique associative engagée et le soutien constant des autorités municipales.

Pour Célestin Mawndoé, l’enjeu dépasse la simple célébration. « L’art peut contribuer au développement. Il existe de véritables métiers dans ce domaine », a-t-il rappelé, invitant les jeunes à envisager la création comme un avenir professionnel à part entière.

Pendant une semaine, Bakara ne se contentera pas de divertir : elle éduquera, rassemblera et inspirera. Et c’est peut-être là la plus belle des révolutions.

Par F Djangbeï 

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