Niger : L’ONC suspend neuf médias français, dont France 24 et RFI, pour atteinte à l’ordre public
L’Observatoire National de la Communication (ONC) du Niger a annoncé, ce samedi 9 mai 2026, la suspension immédiate de neuf médias français sur l’ensemble du territoire national. Une décision radicale justifiée par la diffusion répétée de contenus jugés « susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, la cohésion sociale et la stabilité des institutions » des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Selon le communiqué du régulateur nigérien, signé la veille, le 8 mai, les médias concernés sont France 24, RFI (Radio France Internationale), France Afrique Média, LSI Africa, l’Agence France-Presse (AFP), TV5 Monde, TFI Info, Jeune Afrique et Mediapart.
L’ONC explique que cette mesure vise également à « préserver le moral des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) », engagées sur plusieurs fronts dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires majeurs et des « menaces informationnelles », l’institution estime que certains traitements médiatiques étrangers franchissent la ligne rouge.
« La liberté de la presse doit s’exercer dans le respect des lois de la République, de l’éthique professionnelle et des intérêts supérieurs de la Nation », rappelle le régulateur dans son communiqué.
Cette suspension intervient dans un climat de tensions croissantes entre les pays de l’AES Niger, Burkina Faso et Mali et d’anciens partenaires occidentaux, dont la France. Les autorités nigériennes ont multiplié ces derniers mois les ruptures symboliques et diplomatiques, tout en accusant régulièrement certains médias français de déstabilisation et de partialité.
Par ailleurs, l’ONC a appelé l’ensemble des médias nationaux et internationaux, les acteurs du numérique ainsi que les leaders d’opinion à « faire preuve de responsabilité, de professionnalisme et de retenue » dans le traitement des questions liées à la sécurité, à la paix sociale et à l’unité nationale. L’institution réaffirme son « engagement en faveur d’un espace médiatique responsable, professionnel et respectueux de la souveraineté nationale ».
Aucune réaction officielle des médias concernés n’a été enregistrée dans l’immédiat. Cette décision, d’une ampleur inédite, soulève des questions quant à l’avenir de la couverture médiatique internationale au Niger et dans la région du Sahel.
Par Cherif Keita

