Burkina Faso : Koudougou : saisie record de plus de 5 000 tonnes de sel périmé, trois personnes arrêtées
Une opération d’envergure menée par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a permis de mettre fin à un vaste trafic de sel périmé reconditionné. Plus de 5 000 tonnes de cette substance impropre à la consommation ont été saisies vendredi à Koudougou.
L’intervention, dirigée par Mahamadi Compaoré, inspecteur principal des douanes et coordonnateur de la CNLF, a abouti à la mise sous scellés de deux magasins appartenant à l’entreprise Faso Épices. Une saisie « historique » selon les autorités, tant par son volume que par la dangerosité potentielle pour la santé publique.
Une fraude organisée depuis deux ans
L’enquête, déclenchée suite à une dénonciation, a permis de faire éclater au grand jour un système frauduleux minutieusement organisé. Selon les premiers éléments, l’entreprise Faso Épices se livrait depuis un à deux ans au reconditionnement de sel périmé.
Le procédé était simple mais redoutable : le sel arrivé à expiration était extrait de ses emballages d’origine, puis réintroduit dans de nouveaux sachets et cartons arborant des dates de péremption falsifiées. L’objectif était de tromper délibérément les consommateurs sur la qualité et la salubrité du produit.
Un risque avéré pour la santé des consommateurs
Au-delà de la vente directe de sel périmé, l’enquête a révélé une autre pratique tout aussi préoccupante. Ce sel impropre à la consommation servait également de matière première de base dans la fabrication d’autres épices commercialisées par la même entreprise. Ainsi, de nombreux produits dérivés sont potentiellement contaminés.
La CNLF alerte sur les risques liés à la consommation de sel périmé, qui peut perdre ses propriétés et absorber de l’humidité, favorisant le développement de moisissures et de bactéries dangereuses pour l’organisme.
Trois interpellations et des sanctions à la clé
Trois personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, dont le propriétaire de l’entreprise Faso Épices. Placés en garde à vue, ils sont actuellement interrogés par les enquêteurs qui cherchent à déterminer toute l’étendue du réseau de commercialisation.
Selon Mahamadi Compaoré, coordonnateur de la CNLF, les mis en cause encourent de lourdes sanctions. « Ils risquent des peines d’emprisonnement ainsi que des amendes pouvant atteindre 500 millions de francs CFA », a-t-il déclaré, réaffirmant la détermination des autorités à lutter sans relâche contre la fraude alimentaire.
L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et retracer l’ensemble des circuits de distribution de ces produits dangereux. Les scellés posés sur les magasins de Faso Épices resteront en place jusqu’à la fin des procédures judiciaires.
Par Francis Kaboré

