Burkina Faso : 148 morts sur les routes en un mois, l’ONASER tire la sonnette d’alarme
Le rouleau compresseur de l’insécurité routière n’a pas ralenti en mai dernier. Entre fin avril et fin mai, ce sont plus de 1 700 collisions qui ont ensanglanté le territoire national, un chiffre inédit depuis janvier 2026. Le bilan humain, lui, glace : 148 morts, dont 99 sur les seules routes nationales, et plus de 1 500 blessés, souvent grièvement.
Ces statistiques, dévoilées par l’Office national de la sécurité routière (ONASER), placent le pays face à un constat amer : malgré les mises en garde répétées, les comportements à risque restent la règle, et le prix à payer est chaque jour plus lourd.
L’imprudence tue, le casque protège – mais rares sont ceux qui le portent
Les enquêtes de l’ONASER ne laissent aucune place au doute : excès de vitesse, inattention, négligence et non-port du casque sont les quatre cavaliers de cette apocalypse routière. Le casque, pourtant obligatoire, est boudé par près de 90 % des usagers impliqués dans les accidents. Un taux alarmant qui transforme des chutes banales en drames irréversibles.
« En deux-roues, la tête est la première à heurter le sol. Ne pas se protéger, c’est accepter de jouer sa vie à pile ou face », souligne une source proche du ministère de la Sécurité.
Un cri d’alarme plus qu’un simple bilan
Face à cette hécatombe, le gouvernement, par la voix de l’ONASER, ne se contente plus de chiffrer les pertes. Il lance un appel solennel à la prudence, insistant sur la nécessité d’un sursaut collectif. Au-delà des contrôles renforcés et des campagnes de sensibilisation, c’est une prise de conscience individuelle qui est réclamée.
« Le code de la route n’est pas une contrainte administrative, c’est un contrat de vie. Le respecter, c’est se respecter soi-même et respecter les autres », martèle le communiqué.
Alors que les routes nationales restent les plus meurtrières, les autorités annoncent une intensification des patrouilles et des actions de terrain dans les jours à venir. Mais aucune mesure répressive ne remplacera le réflexe vital du port du casque, ni la vigilance au volant.
En attendant, chaque famille endeuillée rappelle une vérité cruelle : derrière chaque chiffre, il y a un visage, un destin brisé, un avenir volé. Et si mai 2026 restera comme un mois noir, il appartient à chacun de faire de juin un mois de sursaut.
Par Francis Kaboré

