Tchad : un jeune homme jugé pour le meurtre de son ami après une dispute pour un gigot de mouton
Le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena a examiné ce jeudi 2 juillet 2026 une affaire qui a défrayé la chronique : un jeune homme est poursuivi pour avoir mortellement poignardé son compagnon lors d’une altercation autour du partage d’un gigot de mouton. Les faits, d’une banalité tragique, ont coûté la vie à une jeune victime et plongé deux familles dans le deuil.
L’audience s’est tenue ce jeudi sous haute tension dans la salle d’audience du palais de justice. Le prévenu, dont l’identité n’a pas été divulguée, comparaissait pour homicide volontaire. D’après le récit des faits rapporté à la barre, tout a commencé par un geste anodin : le partage de la dépouille d’un mouton, acheté en commun par les deux amis pour un repas festif.
Alors qu’ils procédaient au découpage de la viande, une vive dispute a éclaté entre les deux hommes. Chacun armé d’un couteau utilisé pour le dépeçage, l’échange de mots a rapidement dégénéré en affrontement physique. Dans un geste fatal, le prévenu a porté un coup de couteau à son compagnon, qui succombera peu après à ses blessures.
À la barre, le jeune homme a reconnu les faits, expliquant qu’il n’avait pas eu l’intention de tuer mais que la colère a pris le dessus. Ses déclarations n’ont pas suffi à apaiser la douleur des proches de la victime, présents dans la salle et visiblement bouleversés.
Le réquisitoire du Ministère public
Le Ministère public a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 200 000 FCFA. Dans son réquisitoire, le procureur a souligné la gravité des faits et le caractère dérisoire du mobile : « Un gigot de mouton ne peut justifier la mort d’un homme. Ce drame est le reflet d’une violence ordinaire qui gangrène notre société. »
Un verdict attendu dans les prochains jours
À l’issue de l’audience, le tribunal a mis sa décision en délibéré. Le prévenu, qui reste détenu à la maison d’arrêt de Klessoum, attend désormais son verdict. Les avocats de la défense ont plaidé la circonstance atténuante de la provocation, invoquant une altercation spontanée et non préméditée.
Cette affaire, tristement banale, interroge sur les dérives de la violence au sein des relations humaines, y compris pour des motifs quotidiens. La décision du tribunal, attendue avec impatience par les deux parties, sera scrutée par l’opinion publique tchadienne.
Par Mbaikoula Philippe

