Guinée : un vacancier de 16 ans tué par balle à Matoto, un agent des forces de sécurité en détention

 

Un drame a secoué la haute banlieue de Conakry dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juillet 2026. Mamadou Alimou Camara, un adolescent de 16 ans arrivé le jour même de Télimélé pour ses vacances, a été mortellement atteint à la tête par une balle. Le suspect, David Moriba Lamah, agent des Forces de défense et de sécurité, est actuellement en détention au camp Makambo.

Tout souriait à Mamadou Alimou Camara. Élève en 12ᵉ année, il venait tout juste de poser ses valises à Conakry après avoir quitté Télimélé. Ses vacances commençaient à peine. Il était chez son grand frère, Abdoulaye Keïta, entouré des siens. L’insouciance d’un premier soir de retour au foyer.

Mais ce samedi 11 juillet, vers 22 heures, le jeune homme est retrouvé au sol, une balle dans la tête. L’auteur des faits ? David Moriba Lamah, un agent des Forces de défense et de sécurité, ami de longue date de son grand frère.

Abdoulaye Keïta, effondré, tente de raconter l’indicible. « C’est mon petit frère qui a été tué par mon ami. J’étais sans mots. La balle l’a atteint au niveau de la tête », confie-t-il, la voix entrecoupée.

Une habitude familiale, une arme non rangée

Dans la famille, une tradition plutôt anodine : taquiner les plus jeunes en leur demandant des pompes ou des abdominaux à leur arrivée. Une façon de plaisanter, de créer un lien. Mais ce soir-là, la plaisanterie a tourné au drame.

« Chez nous, c’est une vieille habitude. Quand un petit frère arrive, on peut lui demander de faire des pompes ou des abdominaux, juste pour plaisanter ou le taquiner. Mais jamais personne n’utilise une arme dans ce genre de situation », explique Abdoulaye, précisant que l’agent revenait directement de garde et n’avait pas eu le temps de se changer.

Le grand frère n’était pas présent au moment des faits. Il était parti accompagner un collègue à Kaboulé. « Tout ce que je sais, c’est que lorsque je suis rentré vers une heure ou deux heures du matin, j’ai trouvé mon petit frère allongé au sol, touché par balle. »

Abdoulaye Keïta vit un cauchemar à double visage. D’un côté, il a perdu son petit frère. De l’autre, son ami est derrière les barreaux. « Je suis personnellement meurtri. Ce n’est pas seulement mon petit frère qui est mort, c’est aussi mon ami qui est impliqué dans cette affaire. C’est une douleur difficile à expliquer », confie-t-il.

Selon lui, David Moriba Lamah n’a jamais montré de signes de violence. « C’est quelqu’un que je connais depuis longtemps. C’est un garçon que je considère comme gentil. Je ne pense pas qu’il ait agi volontairement. » Il raconte même que son petit frère vouait une véritable admiration à l’agent des forces de sécurité. « Mon petit frère l’admirait énormément. Il disait souvent que, parmi tous mes amis, c’était celui qu’il préférait. Ils entretenaient de très bonnes relations. »

Le suspect en détention, la famille attend la vérité

David Moriba Lamah est actuellement placé en détention au camp Makambo. Le corps de Mamadou Alimou Camara, quant à lui, n’a pas encore été restitué à la famille. Il est conservé à la disposition des autorités judiciaires, dans l’attente des conclusions de l’enquête.

« Pour le moment, le corps n’est pas encore enterré. Il est toujours entre les mains des autorités judiciaires parce que l’enquête est en cours. Nous attendons les décisions de la justice avant de pouvoir organiser les obsèques », précise le frère de la victime.

Abdoulaye Keïta ne réclame pas de vengeance. Il demande une chose : que la lumière soit faite. « Le seul message que j’ai aujourd’hui est très simple : je fais confiance en la justice guinéenne. Je souhaite que toute la vérité soit connue et que la justice fasse son travail, dans le respect de la loi. C’est tout ce que je demande. »

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame. L’hypothèse d’un accident lors de la manipulation de l’arme reste privilégiée par la famille. La justice devra trancher.

Par Frédéric Konaté 

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