Tchad : Mobilisation citoyenne pour le RGPH-3 : L’AFBAS appelle les fidèles de la paroisse Sao à se faire recenser
Ce dimanche 12 juillet, la messe à la paroisse Sao de Moursal avait des allures de grand rendez-vous citoyen. À l’initiative de l’Association des Femmes Battantes pour l’Autonomie Sociale (#AFBAS), les fidèles ont été invités à allier foi et devoir national en se mobilisant massivement pour le troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3).
Et quel symbole ! C’est depuis le lieu saint, lieu de rassemblement par excellence, que l’AFBAS a choisi de porter sa voix. Une stratégie gagnante qui a trouvé un écho particulier auprès des paroissiens, conquis par cette approche alliant conviction spirituelle et engagement patriotique.
Le père jésuite Michel Alain, ancien directeur du Cefod et célébrant du jour, n’a pas manqué d’appuyer cette belle initiative. Dans une homélie inspirée, il a rappelé avec force que « Jésus Christ lui-même s’est fait recenser à son époque », établissant un pont entre l’Évangile et l’acte citoyen. Une intervention qui a électrisé l’assistance et donné une dimension presque sacrée à l’appel de l’AFBAS.
Au micro du journal L’Œil du Sahara, la présidente de l’association, Mme Touss Tanang Bernadette, s’est montrée combatante et déterminée. Avec une éloquence remarquable, elle a martelé l’urgence de l’opération : « Se faire recenser, c’est exister pour l’État. C’est permettre au Tchad de savoir qui nous sommes, où nous vivons, ce dont nous avons besoin pour vivre dignement. » Des propos qui ont visiblement porté leurs fruits, à en juger par l’enthousiasme des fidèles, brandissant fièrement les dépliants et posant devant les banderoles aux couleurs de la campagne.
Car l’AFBAS ne se contente pas de paroles. L’association, véritable fer de lance de la mobilisation citoyenne, multiplie les actions de terrain avec une énergie contagieuse. Dépliants, banderoles, échanges directs, relais communautaires : rien n’est laissé au hasard pour toucher chaque Tchadien, où qu’il se trouve. Cette dynamique, portée par des femmes battantes et engagées, fait déjà des émules et donne le ton d’une société civile résolument tournée vers l’avenir.
Ce troisième recensement, lancé officiellement le 20 juin 2026 par le gouvernement tchadien via l’INSEED, est une opération d’envergure historique. Avec plus de 37 000 agents déployés dans les 23 provinces du pays et une collecte numérique innovante sur tablettes, le Tchad se dote d’outils modernes pour dessiner son futur. Grâce à l’appui de partenaires de poids comme l’UNFPA et la Banque mondiale, ce recensement ambitionne de fournir une photographie précise de la population, indispensable pour planifier écoles, hôpitaux, routes et accès à l’eau potable.
Mais au-delà des chiffres et des statistiques, c’est un élan de fierté nationale que l’AFBAS est en train de semer aux quatre coins du pays. « Nous volons au secours du gouvernement, mais surtout au secours de nos communautés », a insisté Mme Touss Tanang Bernadette, le regard brillant de conviction. « Chaque recensé est un maillon de la chaîne du développement. Nous ne laisserons personne sur le bord du chemin. »
À l’issue de la messe, de nombreux fidèles sont repartis avec la ferme intention de se faire recenser, certains promettant même de sensibiliser leur voisinage. Une victoire pour l’AFBAS, qui prouve une fois de plus que la mobilisation citoyenne passe par le cœur, la foi et l’engagement de femmes et d’hommes animés par l’amour de leur pays.
Alors que le Tchad écrit une nouvelle page de son histoire démographique, l’AFBAS s’impose comme un acteur incontournable du changement. Et si le succès du RGPH-3 se jouait d’abord dans les cœurs ? La paroisse Sao de Moursal en est désormais la parfaite illustration.
Par Kenzo Brown

