Guinée : Yaya Ezail Kassé : quand la poésie guinéenne s’écrit dans le marbre et s’élève sur scène

 

Poète, slameur, passeur d’âmes le Parolier du Sud signe un double projet inédit qui place l’humain au-dessus de tout. Un troisième recueil chez L’Harmattan Guinée et un premier album slam pour une œuvre totale, entre permanence de l’écrit et puissance de la voix.

Il y a des artistes qui traversent le temps. D’autres qui choisissent de le défier. Yaya Ezail Kassé, alias Le Parolier du Sud, appartient à cette seconde famille. Avec Gravé dans le marbre au calame du parolier, son troisième recueil paru chez L’Harmattan Guinée, il ne livre pas seulement des poèmes. Il pose un acte. Celui de l’inscription durable, de la parole qui ne s’efface pas, de l’âme qui se dévoile sans fard.

Après Sous le Silence de la vie (2020) et L’Oraison de l’âme (2022), l’artiste guinéen franchit un cap. Son écriture, déjà saluée pour sa profondeur, gagne en maturité, en densité, en rayonnement. Chaque page est une empreinte. Chaque vers, une promesse tenue.

« Chaque poème trace une danse où l’humain retrouve sa résonance, entre courage, discipline, persévérance et espérance », confie celui qui n’a jamais cessé de croire que les mots peuvent tout panser, éveiller, dénoncer, rassembler.

Un livre qui transforme l’épreuve en lumière

Ne cherchez pas ici la plainte facile. Gravé dans le marbre est un recueil debout, qui refuse de s’apitoyer sur ses blessures pour mieux les transcender. La douleur s’y fait rythme, l’épreuve se mue en syllabe, et les silences trop longtemps portés trouvent enfin une voix.

L’auteur décrit lui-même son œuvre comme une traversée : « J’ai laissé mes mots marcher pieds nus sur les braises, là où les peines s’enlacent aux prières qui apaisent. Là où les âmes cabossées cherchent encore une braise pour rallumer l’espoir quand la nuit les écrase. »

Un pont entre les solitudes et la lumière, un miroir tendu à nos blessures ordinaires comme à notre capacité de tenir, même quand tout semble vaciller.

Dans un monde saturé de bruit, de fake news et d’images jetables, cette écriture sobre, exigeante, profondément humaine, apparaît comme un rempart. Le Parolier du Sud choisit la cohésion là où d’autres choisissent l’éclat. Il rappelle, avec une discrétion qui force le respect, que le partage reste une forme de résistance. Et que la poésie, loin d’être un ornement, est un acte de foi en l’humanité.

Une voix née entre l’Afrique et l’Europe

Né en Guinée au début des années 1990, Yaya Ezail Kassé découvre l’écriture comme un refuge. Fils d’un père ouvrier et d’une mère secrétaire de direction, il grandit entre les contes, les silences et les paysages des Rivières du Sud dont il tire son pseudonyme. Le slam devient sa voie sur la scène du Centre Culturel Franco-Guinéen, où il expérimente pour la première fois le pouvoir du verbe partagé.

Entre 2016 et 2019, il œuvre à l’essor du slam en Guinée, accompagnant l’émergence de jeunes talents. Son arrivée en France en 2020 marque un tournant. Après une pause imposée par la pandémie et par la naissance de sa fille, il revient plus fort, plus mûr, avec une parole réinventée qui séduit les scènes parisiennes et les réseaux sociaux.

Artiste engagé, il aborde l’amour, la résilience, l’injustice, la foi et les fractures du monde avec une sincérité vibrante. Chaque scène est pour lui un autel où il dépose ses mots comme des prières.

Un double projet inédit : le livre et l’album

La force de cette rentrée artistique tient dans son caractère dual. Le recueil ouvre la voie à un second projet : un album slam, premier du genre pour l’artiste, sobrement intitulé Gravé dans le marbre sans sous-titre. Comme si la musique se chargeait de prolonger ce que l’écrit avait commencé.

Rares sont les artistes à oser la passerelle entre la page et la scène avec une telle cohérence. Mêmes titres, même intention, même promesse : offrir un fragment d’âme, débarrassé de tout artifice. « L’un écrit la lumière, dit-il. L’autre la fait résonner. »

Une approche qui témoigne d’une vision artistique aboutie et d’une exigence rare. Le public pourra ainsi goûter les textes sur le papier, puis les entendre vibrer, portés par la musique. Une expérience immersive qui promet de marquer les esprits.

Disponible partout, à découvrir d’urgence

Le recueil est d’ores et déjà disponible sur le site des éditions Harmattan, à la Fnac, chez Leclerc et sur l’ensemble des plateformes de distribution. L’album, dont la sortie est imminente, prolongera l’expérience sur les plateformes d’écoute et lors des prochaines scènes ouvertes.

En parallèle, l’artiste a déjà marqué son public avec des titres comme La Plume du parolier (2017), Le talent (2018) ou 17 décembre 2017 (2025), disponibles sur YouTube. Des performances qui annoncent un artiste en pleine maîtrise de son art.

Pourquoi vous devez lire et écouter ce projet

Parce que Yaya Ezail Kassé écrit pour nous, pour vous, pour tous ceux qui cherchent une raison d’espérer. Parce que sa voix porte celle d’une jeunesse africaine fière, créative, résiliente. Parce que son œuvre, entre poésie et slam, est un baume dans un monde qui en manque cruellement.

Le Parolier du Sud ne se contente pas de faire de l’art. Il sème des graines d’humanité. Convaincu que la parole peut éclairer, relier et transformer, il poursuit son chemin avec une détermination tranquille.

Alors, laissez-vous tenter. Offrez-vous ce marbre. Écoutez ce qu’il a à dire. Et surtout, partagez. Parce que la poésie, quand elle est bonne, ne demande qu’à circuler.

Un artiste à suivre, une voix à porter, une œuvre à faire rayonner.

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