Mali : La Cour suprême scelle le sort de Bouaré Fily Sissoko – dix ans de réclusion confirmés
L’ancienne ministre de l’Économie et des Finances, Bouaré Fily Sissoko, n’a plus aucun recours possible sur le plan national. La Cour suprême a rejeté son pourvoi en cassation, rendant définitive sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle dans l’affaire de l’acquisition de l’avion présidentiel et des équipements militaires, passés en 2014 sous le règne d’Ibrahim Boubacar Keïta.
Un ultime recours rejeté
En saisissant la plus haute juridiction judiciaire du pays, l’ex-ministre espérait une issue favorable. C’est désormais un échec. Les juges de la Cour suprême ont estimé que le pourvoi ne présentait aucun motif suffisant pour infirmer la décision des juges du fond. Dès lors, la peine prononcée devient irrévocable, et Bouaré Fily Sissoko devra purger l’intégralité de sa peine.
Des marchés publics sous le signe de la controverse
Le dossier repose sur deux contrats publics emblématiques de l’ère IBK. D’un côté, l’acquisition d’un avion présidentiel pour plus de 20 milliards de francs CFA. De l’autre, des commandes d’équipements militaires représentant plusieurs dizaines de milliards. Les enquêteurs ont mis en évidence des soupçons de surfacturation et des irrégularités dans les procédures de passation, laissant planer l’ombre de commissions occultes.
Une affaire symbole de la lutte contre la corruption
Cette décision intervient dans un contexte où les autorités maliennes affichent leur détermination à poursuivre les anciens dirigeants soupçonnés de malversations. Arrêtée en 2021, Bouaré Fily Sissoko a toujours nié les faits. Mais la justice, en confirmant sa peine, envoie un signal fort : les responsables de la gestion des deniers publics, quels qu’ils soient, ne sont plus intouchables.
L’ancienne ministre, âgée de 70 ans, dispose encore de la possibilité de saisir la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, une ultime voie qui semble toutefois compromise. À Bamako, cette confirmation définitive est perçue comme une victoire pour ceux qui réclament la transparence et la redevabilité dans la gestion publique. La lutte contre l’impunité, un temps suspendue, poursuit son chemin.
Par Cherif Keita

