Chine : l’ancien Premier ministre Zhu Rongji, artisan de l’entrée à l’OMC, est décédé à 98 ans
L’ancien Premier ministre chinois Zhu Rongji s’est éteint mercredi à l’âge de 98 ans des suites d’une longue maladie, ont rapporté les médias d’État. Figure majeure de la réforme économique chinoise, il restera dans l’histoire comme l’un des principaux architectes des négociations ayant conduit à l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001.
Né en 1928 dans la province du Hunan, cet ingénieur de formation, diplômé de l’université Tsinghua, a occupé les fonctions de vice-Premier ministre chargé des dossiers économiques entre 1991 et 1998, avant d’accéder à la tête du gouvernement de 1998 à 2003. Son mandat a été marqué par une série de réformes audacieuses : restructuration des entreprises publiques, assainissement du système bancaire et modernisation du cadre réglementaire, autant de chantiers qui ont jeté les bases de la puissance économique chinoise d’aujourd’hui.
Mais c’est son rôle dans les négociations à l’OMC qui demeure son héritage le plus emblématique. Après quinze ans de discussions laborieuses, l’aboutissement de ce processus a non seulement ouvert les portes du marché mondial à la Chine, mais a également accéléré la transformation profonde de son modèle économique.
Dans un communiqué officiel, les plus hautes instances du Parti et de l’État ont salué la mémoire d’« un communiste loyal et éprouvé, un homme d’État exceptionnel et un excellent dirigeant ». Aucune information n’a été communiquée, dans l’immédiat, sur les modalités des funérailles.
Surnommé « l’homme au visage de fer » pour sa réputation de dirigeant intègre et inflexible, Zhu Rongji laisse derrière lui l’image d’un réformateur déterminé, dont l’empreinte sur la Chine contemporaine reste indélébile.
Par Frédéric Konaté

