Tchad : Wel Maye : Le chantre tchadien qui transforme sa différence en force

 

À 25 ans, Wel Maye incarne une génération d’artistes chrétiens qui allient foi, engagement professionnel et authenticité. Juriste de formation, il porte sur les scènes de N’Djamena un message de louange forgé dans son enfance à Pala, tout en assumant pleinement son albinisme comme une part de son témoignage.

C’est dans la ville de Pala, au sud-ouest du Tchad, que tout commence pour Wel Maye. Très tôt, il intègre la chorale des enfants « la pépinière », puis la chorale « Les Témoins de Christ » de l’église fraternelle luthérienne de Yatelim. Ces premières expériences communautaires posent les bases d’une sensibilité musicale qui ne le quittera plus. Il chante, apprend l’harmonie, découvre la puissance de la louange collective. Loin encore de l’idée d’une carrière solo, il se construit dans ce terreau chrétien où la musique est avant tout un service rendu à Dieu et à la communauté.

Juriste et musicien : un double parcours

Wel Maye poursuit ensuite des études supérieures à l’université de Dschang, au Cameroun, où il se spécialise en sciences juridiques et politiques. Il obtient un diplôme en ingénierie juridique des collectivités territoriales décentralisées. Ce parcours académique rigoureux ne l’éloigne pas de la musique. Bien au contraire. C’est à Dschang qu’il décide de franchir le pas vers une carrière solo. Il se lance en famille ou entre amis, notamment avec le designer Destin Pabamé, avec qui il fonde DPS, sa première structure de production artistique. De cette collaboration naissent plusieurs titres qui commencent à faire parler de lui : Mes prières, Marathon de la foi, Mon cœur t’adore et F’âmes.

Une exigence artistique affirmée

Refusant de laisser son talent au stade de l’improvisation, Wel Maye investit dans sa formation. Il suit plusieurs programmes reconnus, notamment une formation en « identité artistique » avec le coach Gwen Thomas au Lausanne Vocal Institute, puis une formation en techniques vocales et conduite de louange avec Thierry Ostrini, ex-membre du groupe gospel Exo Éclats. Ces expériences lui permettent d’affiner sa technique, de structurer sa démarche et de construire une identité artistique cohérente.

Reconnaissance et nouveaux horizons

Son parcours est aujourd’hui salué par ses pairs et par le public. Il a reçu deux nominations aux Awards du Gospel Tchadien dans la catégorie « Révélation ». Sur scène, il partage l’affiche avec des figures majeures de la louange tchadienne comme Christian Saar et Juda De Rassembler, notamment à N’Djamena. Fort de cette reconnaissance, Wel Maye prépare aujourd’hui un nouvel album, produit sous sa propre structure, Randje Record  une nouvelle étape dans un cheminement qui le mène des chorales d’enfants de Pala aux grandes scènes de la capitale.

L’albinisme comme une part de son identité

Wel Maye est albinos. Une particularité qu’il n’a jamais cherché à masquer. Il en parle avec simplicité, comme d’une composante de son être, une part de son identité et de son chemin de foi. Dans un pays, un continent, où les personnes vivant avec un albinisme sont souvent confrontées aux préjugés, son parcours porte un message fort : la foi, l’engagement et le talent n’ont pas de couleur. Sa voix porte cette conviction — chanter la louange avec sa différence comme une force, et non comme un frein.

Wel Maye, 25 ans, juriste et musicien, porte sur scène et dans la vie un message d’espérance. Son premier album à venir, sous le label Randje Record, sera sans doute l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis les bancs de la chorale d’enfants de Pala.

Par Kenzo Brown 

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