Monde : Guerre en Iran : Poutine voit les États-Unis  » affaiblis »  et prêt à tester l’OTAN, selon les renseignements américains

 

Une évaluation confidentielle des services de renseignement américains alerte sur la perception du Kremlin : la guerre contre l’Iran aurait épuisé les ressources militaires de Washington, offrant à Moscou une fenêtre d’opportunité pour intensifier ses actions contre l’Ukraine et les alliés européens des États-Unis.

Selon des informations du Washington Post citant des sources proches du dossier, le président russe Vladimir Poutine estimerait que les États-Unis sont « significativement affaiblis » par six mois de conflit avec l’Iran . Cette perception, partagée par les plus hautes sphères du Kremlin, ouvrirait la voie à une escalade russe contre les intérêts américains et leurs alliés en Europe .

L’évaluation est claire : « La Russie estime que nous sommes épuisés et que nous ne pouvons pas intervenir », résume une source proche des services de renseignement .

Des arsenaux américains vidés par le conflit iranien

Cette analyse s’appuie sur des données tangibles. La campagne contre l’Iran a lourdement pesé sur les stocks militaires américains :

· Perte d’environ 25 % de la flotte de drones MQ-9 Reaper, soit au moins 45 appareils . Ces drones, utilisés pour la reconnaissance et les frappes ciblées, coûtent entre 30 et 50 millions de dollars chacun .
· Épuisement des missiles de croisière Tomahawk : plus de 850 unités tirées durant le premier mois du conflit .
· Stock de missiles Patriot en chute libre : de 2 200 à moins de 827 intercepteurs disponibles .
· Ressources THAAD : de 452 à moins de 278 missiles .

Le Pentagone a dû changer ses tactiques défensives, rationnant les intercepteurs et réservant les frappes aux menaces les plus immédiates .

La visite secrète du directeur de la CIA à Moscou

C’est dans ce contexte que le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a effectué une visite discrète à Moscou cette semaine, atterrissant à bord d’un avion militaire américain après une escale à Riga, en Lettonie .

Selon plusieurs sources, Ratcliffe avait deux missions principales :

1. Un avertissement clair à la Russie : ne pas tester la détermination de l’OTAN, en particulier dans les pays baltes . Les analystes américains redoutent des actions hybrides (cyberattaques, sabotages, provocations) voire une « attaque limitée » contre un État membre .

2. Une pression sur le soutien russe à l’Iran : Ratcliffe aurait exigé que Moscou cesse de fournir des informations de ciblage et un soutien militaire à Téhéran .

« Le vrai problème pour les États-Unis en ce moment, c’est l’Iran et le fait que les Russes donnent des informations de ciblage aux Iraniens », a déclaré l’ancien président estonien Toomas Hendrik Ilves, relativisant la thèse d’une menace imminente sur les pays baltes .

Trump minimise, les alliés européens surveillent

Le président Donald Trump, interrogé sur les craintes d’une attaque russe contre l’OTAN, a tenté de rassurer : « Il n’attaquera pas le territoire de l’OTAN » . Il a qualifié la visite de Ratcliffe de « semi-routinière » .

Pourtant, les pays baltes, bien que n’ayant pas modifié leur évaluation de la menace, restent vigilants . Le chef de la défense letton a reconnu que la Russie mène des attaques hybrides pour « réduire le soutien des alliés à l’Ukraine »

Même si le Congrès approuve les 67 milliards de dollars demandés pour reconstituer les stocks, il faudra des années pour compenser les pertes . La production d’un seul intercepteur THAAD prend près de trois ans, avec une capacité maximale de 96 unités par an . Le réarmement complet pourrait s’étendre sur plusieurs décennies .

Par Ousmane Diallo

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