RDC: Sud-Kivu : un avion abattu près de Minembwe, quatre morts présumés
Un appareil non identifié a été abattu jeudi 27 août 2026 dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, à une trentaine de kilomètres de l’aérodrome de Minembwe, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Touché par un missile tiré depuis le sol, l’avion s’est écrasé près du village de Mubikuba, selon des sources locales. Quatre personnes auraient péri dans l’attaque, bien que ce bilan reste à confirmer officiellement.
Un flou total sur l’identité de l’appareil
À ce stade, aucune information définitive ne permet d’établir la nature exacte de l’appareil abattu, ni sa mission ou l’identité de ses occupants. Les versions divergent sensiblement :
· Les autorités locales et les Forces armées de la RDC (FARDC) évoquent un avion de ravitaillement de la coalition AFC/M23, abattu alors qu’il tentait d’approvisionner les rebelles.
· La coalition AFC/M23 dénonce de son côté la destruction d’un avion civil transportant des médicaments et de la nourriture à destination des populations locales.
· Des groupes armés Wazalendo revendiquent également l’action, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer leur implication.
Cet incident intervient au lendemain d’une mission du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), dépêché sur place pour superviser l’application du cessez-le-feu conclu à Doha et Washington entre les belligérants. La chronologie de l’attaque soulève des interrogations sur un éventuel acte de sabotage du processus de paix.
La région des hauts plateaux de Fizi est le théâtre d’affrontements récurrents entre l’armée congolaise et la coalition AFC/M23/Twirwaneho, soutenue par Kigali. L’espace aérien y est particulièrement sensible, avec une multiplication des vols militaires et de ravitaillement ces derniers mois.
Des autorités en quête de clarté
Les FARDC n’ont pas encore publié de communiqué officiel sur les circonstances précises de cette destruction. De son côté, la coalition rebelle n’a pas fourni d’éléments permettant de corroborer sa version d’un avion humanitaire.
Dans l’attente d’enquêtes indépendantes, cet épisode illustre la fragilité persistante de la trêve dans l’Est congolais, où chaque incident, aussi ambigu soit-il, menace de raviver un conflit déjà meurtrier.
Par Jérôme Wailifu

