États-Unis : La justice bloque les mesures électorales de Trump à quelques mois des élections
Un tribunal fédéral américain a suspendu, ce lundi 29 juin 2026, plusieurs dispositions clés d’un décret présidentiel signé par Donald Trump. Le texte visait à durcir les règles du vote par correspondance et à renforcer la vérification de la citoyenneté des électeurs. La juge Indira Talwani a estimé que ces mesures étaient inconstitutionnelles.
Une décision qui frappe 23 États
Saisie par des procureurs généraux démocrates, la juge fédérale Indira Talwani a rendu un verdict sans appel : le décret présidentiel empiète sur les prérogatives des États en matière d’organisation électorale. Sa décision suspend immédiatement l’application des mesures dans 23 États et dans le district de Columbia, soit près de la moitié du pays.
Parmi les dispositions contestées figuraient :
· Un renforcement des contrôles sur le vote par correspondance ;
· L’obligation pour les autorités électorales de transmettre des listes de citoyens issus des bases de données fédérales ;
· Des conditions plus strictes pour la vérification de la citoyenneté des électeurs.
Une bataille juridique sur fond de mi-mandats
Cette suspension intervient à moins de cinq mois des élections de mi-mandat, prévues en novembre 2026. Un scrutin crucial pour l’équilibre du Congrès américain.
L’administration Trump défendait âprement ces mesures, les présentant comme nécessaires à la lutte contre la fraude électorale et à la préservation de l’intégrité du scrutin. Mais pour la juge Talwani, ces arguments n’ont pas résisté à l’examen constitutionnel.
« La Constitution ne permet pas au président de réécrire les règles électorales »
Dans son ordonnance, la magistrate a souligné que le système électoral américain repose sur une répartition claire des compétences : ce sont les États qui organisent et réglementent les élections. Le décret présidentiel, en imposant des règles uniformes au niveau fédéral, violerait ce principe fondamental.
« La Constitution ne permet pas au président de réécrire unilatéralement les règles électorales », peut-on lire dans la décision, qui qualifie les mesures d' »inconstitutionnelles » et d' »empiétement » sur les pouvoirs des États.
La Maison-Blanche envisage un recours
L’administration Trump, qui a fait de la lutte contre la fraude électorale un cheval de bataille depuis son retour à la Maison-Blanche, a indiqué envisager un recours devant une cour d’appel. Le débat est loin d’être clos.
Mais pour l’heure, ce sont les procureurs démocrates qui jubilent. Ils dénoncent depuis des semaines une tentative du président républicain de « saper la confiance dans le système électoral » à des fins politiques.
Ce jugement s’inscrit dans une série de batailles juridiques autour des règles électorales aux États-Unis, un sujet ultra-sensible depuis la présidentielle de 2020. La décision de la juge Talwani pourrait faire jurisprudence et influencer d’autres contentieux en cours dans le pays.
En attendant, les États concernés peuvent souffler : ils organiseront les prochaines élections selon leurs propres règles, sans ingérence fédérale.
L’administration Trump a jusqu’à 30 jours pour faire appel de cette décision. Une nouvelle audience pourrait être convoquée avant l’été.
Par Frédéric Konaté

