RDC : Félix Wazekwa et Lumumba Vea, deux icônes de la culture congolaise bientôt décorées par le Président Tshisekedi
Le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’apprête à distinguer deux figures majeures du paysage culturel et sportif congolais au cours de ce mois de septembre 2026. L’artiste musicien Félix Wazekwa et l’animateur de tribunes Michel Kuka, alias Lumumba Vea, recevront des décorations présidentielles en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle au rayonnement de la RDC sur la scène nationale et internationale .
L’information a été rendue publique par Didier Budimbu, ministre des Sports et Loisirs, et Yolande Elebe, ministre de la Culture et des Arts, lors de leur passage sur le plateau de l’émission « Redevabilité » diffusée sur la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) . Cette distinction présidentielle vise à saluer le parcours d’exception de deux acteurs qui ont su porter la voix et l’identité congolaises bien au-delà des frontières du pays.
Félix Wazekwa, l’homme derrière l’hymne « Fimbu »
Félix Wazekwa, de son vrai nom Nlandu Wazekwa Félix, est un artiste musicien, parolier, chorégraphe et guitariste de renom . Né le 14 septembre 1962 à Kinshasa, il a marqué plusieurs générations par ses textes profonds et sa musique entraînante .
Sa chanson « Fimbu » est devenue un véritable phénomène culturel en République démocratique du Congo . Cette œuvre musicale, qui signifie « la chicote » en lingala, s’est imposée comme un hymne national lors des matchs des Léopards, l’équipe nationale de football, accompagnant les moments les plus marquants de l’histoire sportive du pays . Le « Fimbu » est aujourd’hui considéré comme un élément du patrimoine immatériel national, transcendant les simples frontières de la musique pour devenir un symbole de fierté et de résilience .
Artiste complet, Félix Wazekwa a également collaboré avec des légendes de la musique congolaise, notamment Papa Wemba, pour qui il a écrit plusieurs chansons, et Koffi Olomidé . Il est également le fondateur du groupe Cultur’A Pays Vie, avec lequel il continue de produire des œuvres et de remplir les grandes salles à travers le continent .
Lumumba Vea, le « supporter-statue » qui a conquis le monde
Michel Kuka, plus connu sous le pseudonyme de Lumumba Vea, est un animateur de tribunes devenu une véritable icône du football congolais. Né le 26 septembre 1976, il a commencé à soutenir l’équipe nationale, les Léopards, en 2013 .
Ce qui rend Lumumba Vea unique, c’est son geste emblématique : pendant les 90 minutes de chaque match, il reste parfaitement immobile, le bras droit levé vers le ciel, imitant la posture de la statue de Patrice Lumumba, l’un des pères de l’indépendance congolaise, à Kinshasa . Vêtu d’un costume aux couleurs du drapeau national, il incarne ainsi la dignité, la liberté et la souveraineté de son pays .
Son engagement et son originalité ont attiré l’attention du monde entier, notamment lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, où sa présence impassible dans les tribunes a fasciné les médias internationaux . La reconnaissance gouvernementale vient saluer plus de dix ans de dévouement au service de la ferveur populaire .
Cette initiative présidentielle s’inscrit dans une volonté plus large de valoriser ceux qui contribuent au rayonnement et au soft power de la République démocratique du Congo . Le gouvernement entend ainsi placer la culture et le sport au cœur de son agenda, en faisant de ces disciplines des instruments de diplomatie d’influence et de cohésion sociale .
Le ministre Didier Budimbu a d’ailleurs indiqué que plusieurs autres artistes musiciens ainsi que des joueurs des Léopards pourraient également être décorés avant la fin du mois de septembre . Cette démarche traduit une politique de reconnaissance qui capitalise sur les succès populaires pour renforcer l’image de marque du pays sur le plan international.
Une fierté nationale
Pour Félix Wazekwa et Lumumba Vea, cette distinction présidentielle est la consécration d’un parcours marqué par le talent, la persévérance et l’amour du pays. Elle témoigne de la reconnaissance d’un peuple envers ceux qui, par leur art et leur engagement, contribuent à écrire l’histoire culturelle et sportive de la République démocratique du Congo.
Par Jérôme Wailifu

