Bruxelles : La chanteuse malienne Rokia Traoré condamnée à deux ans de prison avec sursis dans un litige sur la garde de sa fille
La célèbre chanteuse malienne Rokia Traoré a été condamnée, ce mercredi 6 mai 2026, par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de deux ans de prison assortie d’un sursis, dans le cadre d’un conflit l’opposant au père de sa fille, le dramaturge belge Jan Goossens. L’information, révélée par l’AFP, a été confirmée par les avocats des parties civiles.
Le litige porte sur la garde de leur enfant, une fille née en mars 2015. Le couple, séparé environ quatre ans plus tard, est depuis lors engagé dans une bataille judiciaire complexe. Selon les éléments du dossier, Jan Goossens n’a plus revu sa fille depuis la séparation, et ce, malgré plusieurs décisions de justice lui reconnaissant des droits.
En juin 2019, un premier jugement du tribunal de la famille avait accordé au père un droit de visite. Quelques mois plus tard, en septembre 2019, une nouvelle décision judiciaire établissait que le lieu de résidence principal de l’enfant devait être fixé chez son père, à Bruxelles. La chanteuse, reconnue internationalement pour son art, n’a, toutefois, pas déféré à ces injonctions, maintenant l’enfant à ses côtés.
Devant le tribunal correctionnel, Rokia Traoré a tenté de justifier son refus en accusant Jan Goossens de comportements sexuels inappropriés. Une plainte en ce sens avait été déposée, mais la justice belge l’a jugée infondée, faute d’éléments probants.
La peine prononcée mercredi – deux ans de prison avec sursis – signifie que la chanteuse n’effectuera pas de détention ferme, à condition qu’elle se conforme désormais aux décisions judiciaires. Ce sursis est une mise en demeure de respecter les droits de garde du père. Le tribunal espère ainsi contraindre l’artiste à se plier à l’autorité de la justice.
Ni Rokia Traoré ni ses avocats n’ont fait de déclaration immédiate à l’issue du verdict. De son côté, le conseil de Jan Goossens s’est félicité d’une décision qui « rappelle que personne, quelle que soit sa notoriété, n’est au-dessus des lois, surtout lorsqu’il s’agit de l’intérêt supérieur de l’enfant ».
Ce dossier sensible met en lumière les difficultés des conflits parentaux internationaux, où les décisions de justice d’un pays se heurtent parfois à la résistance d’un parent vivant à l’étranger. L’affaire pourrait encore connaître un nouveau rebond si la chanteuse décide de faire appel de la décision.
Par Frédéric Konaté

