Sénégal : Ahmadou Al Aminou Lo tend la main à Sonko et appelle à l’apaisement devant les députés

Devant l’Assemblée nationale réunie en séance plénière, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a livré sa Déclaration de politique générale, un exercice qu’il a voulu placer résolument sous le signe du dialogue, de la continuité et de la réconciliation nationale.

Dès ses premières déclarations, le chef du gouvernement a tenu à adresser un message de confiance à Ousmane Sonko, président de l’institution parlementaire et son prédécesseur à la tête de l’exécutif. « Je sais qu’il n’est pas un président qui va demander de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement », a-t-il lancé, en écho aux craintes d’une éventuelle rivalité entre les deux hommes.

Ahmadou Al Aminou Lo a également pris soin de rappeler son ancrage dans le sillage de l’ancien Premier ministre, soulignant avoir travaillé à ses côtés entre avril 2024 et avril 2025. Il a insisté sur le fait que le « Sénégal 2050 », référentiel national de transformation systémique qui constitue le socle de sa déclaration, est directement issu du programme « Diomaye Président » et que c’est Ousmane Sonko lui-même qui en a orchestré la traduction en référentiel. Une manière claire d’afficher une continuité assumée avec le chantier ouvert par son prédécesseur.

Le chef du gouvernement appelle à la sagesse

Au-delà de l’aspect programmatique, le Premier ministre a dénoncé un climat politique marqué par les doutes, la méfiance institutionnelle, un clivage extrême et une violence verbale qu’il juge contraire à l’identité profonde du Sénégal. « Dans la vie, comportez-vous comme l’eau. Quand l’eau rencontre un obstacle, si elle peut passer, elle passe. Sinon, elle s’arrête le temps de trouver un chemin », a-t-il philosophé, appelant à la patience et à l’intelligence collective.

Un engagement vécu comme un sacerdoce

Le chef du gouvernement a ensuite livré un passage intime, presque solennel, pour justifier son maintien à la tête de l’exécutif : « J’aurais pu prendre ma retraite et aller me reposer. Je n’étais pas venu dans ce gouvernement pour durer, mais pour répondre à l’appel de ma patrie. Aujourd’hui, une œuvre m’attend, à laquelle je ne peux pas me dérober. »

Assumant un rôle qu’il présente comme un devoir patriotique, Ahmadou Al Aminou Lo a confié son ambition ultime : voir un Sénégal apaisé et remis sur les rails. « Le jour où je constaterai que le Sénégal marche, paradoxalement, ce sera le jour où je demanderai au chef de l’État de me laisser aller me reposer », a-t-il déclaré, avant de conclure sur une note presque mystique : « Je n’ai pris qu’un sacerdoce : servir, donner mon corps à l’unité de ce pays, consacrer mon temps à cette vision Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye, pour qu’elle devienne réalité. »

Un discours qui, par sa tonalité humble et rassembleuse, semble poser les jalons d’une nouvelle ère politique, fondée sur la confiance et le dépassement des clivages.

Par Cherif Keita 

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