RDC : Le général-major Sylvain Ekenge réhabilité porte-parole des FARDC après neuf mois de suspension

C’est un retour qui ne passe pas inaperçu. Après environ neuf mois d’écartement, le général-major Sylvain Ekenge a officiellement retrouvé ses fonctions de porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a-t-on appris de source militaire à Kinshasa.

La décision de réhabilitation, entrée en vigueur fin septembre 2026, a été matérialisée par la reprise des activités institutionnelles du haut gradé. Le général Ekenge a ainsi renoué avec ses responsabilités en signant ses premiers communiqués officiels, notamment ceux portant sur le suivi des opérations militaires et l’actualité des FARDC sur l’ensemble du territoire national.

Pour rappel, l’officier avait été suspendu de ses fonctions par le chef d’état-major général des FARDC à la fin du mois de décembre 2025. Cette mesure conservatoire faisait suite à des déclarations publiques jugées polémiques et discriminatoires, prononcées lors d’une communication officielle et ciblant une composante de la population congolaise.

Cette réhabilitation intervient dans un climat géopolitique et sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la République démocratique du Congo, où les affrontements et les tensions diplomatiques persistent. Le retour aux affaires du porte-parole attise déjà les tensions dans la région.

Kigali, notamment, a vivement critiqué la décision, la qualifiant de « contestable » au regard des sensibilités régionales et des déclarations qui avaient valu au général sa suspension. Les autorités rwandaises estiment que cette réhabilitation envoie un signal négatif à un moment où les efforts de désescalade sont attendus.

Face à ces critiques, l’exécutif congolais et la hiérarchie militaire opposent un argument de principe : la souveraineté de l’État dans la gestion de ses officiers et de son organisation interne. Selon plusieurs sources concordantes, Kinshasa entend rappeler que les décisions relatives aux nominations et aux sanctions au sein des FARDC relèvent exclusivement du commandement national.

Ce retour très commenté dans l’appareil sécuritaire congolais pourrait, selon des observateurs, peser sur les équilibres diplomatiques régionaux dans les semaines à venir, alors que la question sécuritaire à l’est du pays demeure au cœur des préoccupations internationales.

Par Jérôme Wailifu 

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