Monde: Guerre en Ukraine : « Nous ne lâcherons pas » Kiev, assure Emmanuel Macron
En clôture du sommet européen de Bruxelles, le président français a réaffirmé le soutien indéfectible de la France à l’Ukraine, annoncé l’accélération de la livraison de missiles et critiqué la position du Rassemblement national sur l’aide à Kiev.
Il y a six ans jour pour jour, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, était assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression. Six ans plus tard, le président Emmanuel Macron, à l’issue du Conseil européen, a lancé face à la presse : « Nous ne lâcherons pas l’Ukraine, nous ne lâcherons pas le peuple ukrainien. »
« Parce que c’est une guerre de résistance à l’agression russe, a-t-il souligné. Au moment où le rôle des Européens est contesté, notre devoir est de tenir bon. Il y va de la sécurité de l’Europe. »
Soutien militaire : missiles accélérés, satellites en renfort
Le chef de l’État a affirmé que la France accélérait la mise en œuvre de l’accord conclu avec l’Ukraine en juillet. « Nous avons accéléré la livraison de nouveaux missiles et nous travaillons pleinement sur les drones et la défense antimissile », a-t-il déclaré, ajoutant que d’autres réunions se tiendraient dans les prochains jours pour accélérer les procédures d’autorisation permettant à certains types d’armes françaises d’être produites directement sur le sol ukrainien par des tiers.
La France fournira également à l’Ukraine des images satellitaires et des systèmes d’alerte avancée. Selon M. Macron, ces capacités sont « essentielles » pour que l’Ukraine résiste à l’agression, et l’Europe dispose de solutions en la matière.
Divergence financière : une demande de 70 milliards jugée « prématurée »
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé, en marge du sommet, 70 milliards d’euros supplémentaires pour financer la défense et la résilience de son pays en 2027. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé ce besoin, estimant qu’il « doit être comblé ».
Emmanuel Macron s’est toutefois montré prudent. « L’Ukraine a formulé une demande, mais il est prématuré de donner des chiffres précis », a-t-il estimé, précisant que le cadre actuel reste le prêt européen de 90 milliards d’euros et que les besoins supplémentaires seraient examinés avec les partenaires du G7 et de l’Europe.
Confrontation nationale : une réponse directe à Marine Le Pen
Le discours du président comportait une dimension de politique intérieure assumée. La dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen, avait déclaré que, si elle était élue, elle maintiendrait l’aide à l’Ukraine « six mois » avant de la réévaluer. Emmanuel Macron lui a répondu que réduire le soutien à Kiev équivaudrait à « laisser de côté la sécurité des Européens et des Français ».
« La reddition, c’est la faiblesse, et la faiblesse, c’est le danger, a-t-il lancé. Ce n’est pas une charité que nous faisons à l’Ukraine, c’est notre intérêt, c’est le consensus des Européens, c’est notre sécurité. »
Les déclarations de M. Macron interviennent alors que l’Ukraine enregistre ses progrès les plus significatifs depuis des mois sur le front est. Le 3e corps d’armée ukrainien, dans le cadre de la contre-offensive « Vivaldi » menée en direction de Lyman, dans la région de Donetsk, a repris 16 localités et 277 kilomètres carrés de territoire. Selon Kiev, cette opération aurait causé la mort d’environ 8 000 soldats russes et empêché l’encerclement des arrières des lignes de défense ukrainiennes dans le Donbass.
La situation générale reste néanmoins figée. Les forces russes ont occupé environ 990 kilomètres carrés de territoire ukrainien cette année, tandis que les troupes ukrainiennes en ont repris environ 820, aucun des deux camps ne parvenant à une percée décisive en raison de la pénurie d’effectifs.
Par Chérif Keita

