RDC : 108 détenus libérés à Makala, mais la prison reste dix fois au-dessus de sa capacité
Cent huit détenus ont été remis en liberté de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, une mesure humanitaire qui ne suffit toutefois pas à résorber la surpopulation carcérale extrême de l’établissement, qui accueille environ 16 000 personnes pour une capacité initiale de 1 500 places.
La libération de ces 108 détenus intervient alors que Makala demeure l’un des établissements pénitentiaires les plus saturés au monde, avec un taux d’occupation frisant les 1 067 %, soit près de onze fois sa capacité théorique. Un chiffre qui illustre l’ampleur du défi auquel sont confrontées les autorités congolaises.
En visite dans l’établissement le jeudi 15 octobre, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a reconnu la difficulté des conditions de détention. « Les conditions de détention à Makala sont extrêmement difficiles », a-t-il admis, annonçant une série de mesures urgentes, dont des libérations pour raisons humanitaires.
200 détenus malades examinés chaque jour
Parmi les mesures annoncées figurent également le suivi médical renforcé des détenus les plus vulnérables. Le ministre a indiqué que 200 prisonniers malades devaient être examinés chaque jour par un médecin, alors que les organisations de défense des droits humains alertent régulièrement sur la propagation de maladies et les décès en détention.
La surpopulation de Makala n’est pas nouvelle : elle résulte de décennies de sous-investissement dans le système judiciaire et pénitentiaire congolais, de la lenteur des procédures et du recours excessif à la détention provisoire. Les libérations ponctuelles, bien qu’importantes pour les personnes concernées, peinent à produire un effet durable sur la situation globale.
Les observateurs estiment que les mesures annoncées par le ministre devront s’accompagner de réformes profondes du système judiciaire pour espérer un changement significatif dans les conditions de détention à Makala.
Par Jérôme Wailifu

