Afrique : Éric Manoungui, l’ingénieur africain qui veut sécuriser les identités numériques avec l’application « N’DJAMENA »

 

À l’heure où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la vie sociale, économique et politique, la question de la sécurité numérique devient cruciale. Faux profils, usurpations d’identité, diffamation et fraudes en ligne se multiplient, fragilisant aussi bien les citoyens que les institutions. Face à cette menace silencieuse, un ingénieur africain se distingue par une réponse technologique ambitieuse : Éric Manoungui, concepteur de l’application « N’DJAMENA ».

Un parcours marqué par la technologie et la cybersécurité

Originaire du Cameroun et du Tchad et aujourd’hui basé en Norvège, Éric Manoungui est un passionné de technologies et de cybersécurité. Après l’obtention d’un baccalauréat E au Cameroun, il poursuit sa formation à la Tokyo Tech Academy, au Japon, où il décroche un diplôme en informatique appliquée, avec une spécialisation en développement logiciel, cybersécurité et administration des systèmes.

Son expertise est consolidée par plusieurs certifications internationales de référence, notamment Certified Ethical Hacker (CEH), CompTIA Security+, CCNA, Microsoft Azure Fundamentals et Python for Data Science. Depuis plus d’une décennie, il consacre son travail à l’analyse des systèmes numériques, à la détection des vulnérabilités et à la protection des données.

Une expérience solide au service de l’innovation

Entre 2013 et 2016, Éric Manoungui exerce comme développeur freelance, concevant des applications web et mobiles pour des entreprises et des particuliers, avec un accent particulier sur la sécurité et la performance. En 2016, il fonde le projet Nyong et Kelle, un logiciel capable de détecter les faux profils sur les réseaux sociaux et d’identifier les personnes réelles qui se cachent derrière ces comptes frauduleux.
Cette expérience de terrain, confrontée aux réalités africaines, va nourrir une vision plus large : celle de proposer une solution accessible, préventive et adaptée aux enjeux spécifiques du continent.
« N’DJAMENA », une application pour lutter contre les faux profils
C’est ainsi qu’est née « N’DJAMENA », une application intelligente dédiée à la détection, l’analyse et l’identification des faux profils sur les réseaux sociaux. L’objectif est clair : protéger les identités numériques avant que les abus ne causent des dommages irréversibles.

« N’DJAMENA » permet de repérer rapidement les comportements suspects, de limiter la prolifération des comptes frauduleux et de réduire les risques liés à la manipulation, à la diffamation et à l’escroquerie en ligne. Elle se positionne à la fois comme un outil de prévention et de protection.


Une solution pensée pour les réalités africaines
Contrairement à de nombreuses technologies importées, « N’DJAMENA » est conçue en tenant compte des contextes sociaux et numériques de l’Afrique centrale. L’application cible particulièrement des pays comme le Cameroun, le Tchad, le Gabon, la République Centrafricaine, le Congo et la Guinée équatoriale, où la protection de l’identité numérique devient un enjeu de stabilité sociale et économique.

États, institutions publiques, entreprises, médias, personnalités publiques et simples citoyens peuvent tirer profit de cette solution, dans un environnement où la régulation du numérique reste encore fragile.

Anticiper pour mieux se protéger
Pour Éric Manoungui, la cybersécurité n’est plus un luxe mais une nécessité. Dans un monde hyperconnecté, la question n’est plus de savoir si les abus numériques vont se produire, mais quand. D’où l’importance d’anticiper et de se doter d’outils adaptés.

Avec N’DJAMENA, il propose une réponse africaine, concrète et innovante à un défi mondial. Une initiative qui illustre le potentiel des compétences africaines dans le domaine technologique et rappelle que protéger l’identité numérique, c’est avant tout protéger les personnes.

 

Par Kenzo Brown

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