Afrique : Rapatriement historique : Le Togo lance une offensive pour récupérer plus de 8 000 œuvres d’art
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Le Togo a officiellement lancé, mercredi 25 février 2026, une vaste offensive diplomatique et culturelle visant à rapatrier plus de 8 000 biens culturels nationaux actuellement conservés hors de ses frontières. Réuni à Lomé sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a donné son feu vert à la création d’un comité national dédié à cette mission de restitution.
Cette décision marque un tournant dans la politique culturelle du pays. Pour encadrer cette démarche, le gouvernement a adopté un projet de loi modernisant le cadre législatif datant de 1990, désormais considéré comme inadapté aux enjeux contemporains. La nouvelle mouture élargit considérablement le champ de la protection patrimoniale en incluant désormais le patrimoine immatériel (traditions, savoir-faire) et subaquatique (épaves, sites archéologiques sous-marins).
En alignant sa législation sur les standards internationaux de l’UNESCO, Lomé entend non seulement faciliter les négociations avec les musées et collectionneurs étrangers, mais aussi durcir les sanctions contre le trafic illicite d’œuvres d’art.
Au-delà du symbole, un levier économique
Pour les autorités togolaises, cet enjeu dépasse largement le cadre mémoriel. Le rapatriement de ces trésors est perçu comme un vecteur stratégique de développement. En réintégrant ces pièces dans le giron national, le Togo ambitionne de stimuler son industrie touristique et de structurer son écosystème artistique.
Cette « offensive culturelle » s’inscrit dans une dynamique plus large. Le gouvernement a également annoncé le lancement de l’appel à projets du Fonds national de promotion culturelle (FNPC). Cette initiative vise à soutenir la création locale et à transformer l’héritage culturel en un véritable moteur économique, jetant ainsi les bases d’une économie créative moderne.
« En reprenant possession de ces 8 000 pièces, le Togo affirme sa souveraineté et prépare les bases d’une économie créative fière de ses racines », peut-on lire dans le compte-rendu du Conseil des ministres.
Avec cette décision, le Togo rejoint le nombre croissant de nations africaines engagées dans la bataille des restitutions, affirmant avec force que le patrimoine culturel est indissociable du récit historique et du développement futur du continent.

