Algérie : L’ancien président Liamine Zeroual n’est plus
L’Algérie a perdu l’une de ses figures majeures. L’ancien chef de l’État et moudjahid Liamine Zeroual s’est éteint samedi 28 mars à l’âge de 85 ans, des suites d’une longue maladie, a annoncé la présidence de la République. Un deuil national de trois jours a été décrété.
La nouvelle a plongé le pays dans l’émotion. C’est par un communiqué officiel que la présidence de la République a fait part, samedi soir, de la disparition de Liamine Zeroual, survenue à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache du complexe d’Aïn Naâdja, à Alger. L’ancien président, qui avait dirigé le pays entre 1994 et 1999, « s’est éteint après une longue lutte contre une maladie grave », précise le texte officiel.
Figure respectée de la guerre de libération nationale, Liamine Zeroual incarnait une certaine continuité de l’État, ayant été appelé à la tête du pays durant l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine, marquée par la violence terroriste. Son passage à la magistrature suprême reste associé à la restauration progressive de la stabilité et à l’organisation de l’élection présidentielle de 1999, qu’il quittera peu après, laissant une image de retrait volontaire et de sobriété.
Suite à cette disparition, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a immédiatement décrété un deuil national de trois jours. Les drapeaux seront mis en berne sur l’ensemble du territoire, tandis que les cérémonies funéraires devraient rassembler de nombreuses personnalités politiques et militaires, saluant la mémoire d’un homme qui a porté les deux étoiles de général et les plus hautes fonctions de l’État.
Né en 1941 dans la wilaya de Batna, Liamine Zeroual avait rejoint très jeune les rangs du Front de libération nationale (FLN) pendant la Révolution. Après l’indépendance, il avait intégré l’armée, grimpant les échelons jusqu’à devenir chef d’état-major. Son parcours, de moudjahid à président de la République, fait de lui l’une des dernières grandes figures de la génération fondatrice de l’Algérie moderne à s’éteindre.
La classe politique, les associations d’anciens combattants et la société civile algérienne ont tenu à rendre hommage, dès l’annonce de sa mort, à un homme qu’ils décrivent comme « fidèle à ses principes » et « attaché à l’unité nationale ».
Par Issa Abdou

