Allemagne : Victoire historique de l’AfD en Saxe-Anhalt, un séisme politique pour le chancelier Merz

 

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, a remporté une victoire écrasante aux élections régionales de Saxe-Anhalt ce dimanche 6 septembre. Avec 44% des voix selon les estimations, la formation d’Ulrich Siegmund a plus que doublé son score de 2021 (20,8%) . Un résultat historique qui place l’AfD en position de force, mais ne lui offre pas pour autant les clés du pouvoir.

Le parti du chancelier Friedrich Merz, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), subit quant à lui une défaite cuisante. Crédité de seulement 17% des suffrages, il perd près de 20 points par rapport au scrutin précédent . Ce score, le plus bas jamais enregistré dans ce Land d’ex-Allemagne de l’Est, constitue un véritable camouflet pour le chancelier conservateur, élu en mai 2025, qui avait promis d’enrayer la progression de l’extrême droite .

Une majorité absolue manquée

Malgré ce succès, l’AfD échoue à décrocher la majorité absolue des sièges au parlement régional de Magdebourg. Avec 39 sièges sur 83, elle doit en obtenir 42 pour gouverner seule . Ce résultat place la formation de Siegmund devant une équation politique complexe.

Ulrich Siegmund, l’artisan du succès

Le visage de cette victoire est Ulrich Siegmund, 35 ans. Ce tribun charismatique, ancien vendeur de parfums, a su conquérir un électorat séduit par son style direct et sa présence massive sur les réseaux sociaux . Présenté par Der Spiegel comme « l’homme le plus dangereux d’Allemagne », il a mené campagne sur un programme radical : durcissement de la politique migratoire, « remigration », nostalgie de la RDA et rupture avec l’héritage de la culpabilité liée au nazisme .

Un séisme politique qui s’ajoute à la pression qui pèse sur Friedrich Merz. Le chancelier se retrouve fragilisé à quelques semaines d’autres échéances régionales décisives, notamment à Berlin et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale . L’hypothèse d’une recomposition profonde du paysage politique allemand n’a jamais semblé aussi plausible.

Par Frédéric Konaté

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