Burkina Faso : Dengue à Ouagadougou : un expert livre 15 conseils clés pour bien soigner un malade

 

Face à la recrudescence des cas de dengue dans la région du Kadiogo, un conseiller en santé publie un guide pratique destiné aux familles. De l’hydratation à la moustiquaire, en passant par les médicaments à éviter absolument, voici l’essentiel à retenir.

La dengue gagne du terrain à Ouagadougou. Il y a quelques jours, le gouverneur de la région du Kadiogo alertait la population sur l’augmentation notable des cas et appelait à un renforcement des mesures de protection. Dans ce contexte, Abdoul Rachid Yarbenga, conseiller en santé, assistant de recherche et doctorant, a partagé sur sa page Facebook « Good Health 226 » quinze conseils pratiques pour accompagner les malades et éviter les complications.

Les pièges mortels à éviter

Premier avertissement : les remèdes traditionnels sont à mettre de côté. La dengue fatigue considérablement le foie, et certaines écorces ou feuilles sauvages, comme la feuille de papaye ou le kosafina, peuvent aggraver dangereusement l’état du patient.

Deuxième règle : ne jamais acheter de médicaments par terre. Seuls les traitements prescrits par un agent de santé sur ordonnance officielle doivent être utilisés.

Troisième règle, cruciale : bannir l’aspirine, l’ibuprofène et le diclofénac. Ces anti-inflammatoires provoquent des saignements internes cachés qui peuvent être fatals. En cas de fièvre ou de douleurs, le paracétamol est le seul recours.

Enfin, l’alcool est formellement interdit : il déshydrate l’organisme et achève de détruire un foie déjà affaibli par le virus.

Hydratation et alimentation : le carburant de la guérison

La dengue provoque une forte fièvre qui vide le corps de son eau. Le malade doit boire entre 2 et 3 litres d’eau par jour. Un indicateur simple permet de suivre l’hydratation : la couleur des urines. Foncées ou absentes, elles signalent une déshydratation critique ; claires et régulières, elles confirment que l’hydratation fonctionne.

Côté boissons, l’expert recommande des solutions locales et saines : bouillie légère de mil ou de sorgho, jus de bissap ou de gingembre préparé à la maison avec très peu de sucre, ou encore eau de coco.

L’appétit étant souvent coupé, il ne faut pas forcer le malade à finir une grosse assiette. Mieux vaut lui donner de petites portions cinq à six fois par jour, en privilégiant le tô bien mou, le riz blanc ou la bouillie. Les fritures, les sauces lourdes et le piment sont à écarter, tout comme les fruits crus mal lavés, qui pourraient provoquer une diarrhée dramatique en cas de dengue.

Pour aider le corps à se réparer, un peu de poisson frais, de poulet ou des œufs sont conseillés. Les fruits riches en vitamine C, comme le tedo fait maison, le jus de tamarin ou les oranges locales, peuvent également renforcer l’immunité, à condition de ne pas agresser l’estomac.

Douleur, repos et protection collective

Contre les violentes douleurs musculaires et articulaires, le paracétamol reste le seul allié, dans le respect strict des doses : maximum quatre comprimés de 1 g par jour pour un adulte.

Le malade doit observer un repos total au lit, afin de laisser son système immunitaire mobiliser toute son énergie contre le virus. Et il doit dormir sous moustiquaire imprégnée (MILDA), même en journée : le moustique vecteur de la dengue pique le jour. Rester sous la moustiquaire à 14 heures permet d’empêcher un moustique de piquer le malade et de propager le virus à la famille ou au voisinage.

Les internautes réagissent

Sous l’article publié par Burkina Yawana, les réactions ont afflué. « Merci beaucoup pour les différents conseils. Bonne santé à tous ceux qui sont déjà affectés, protection totale aux autres partout au Burkina Faso », a écrit un lecteur. Un autre a appelé les autorités à mener « des études approfondies pour un remède contre ce mal » et à procéder à la pulvérisation des grandes villes deux fois par semaine, de 22 h 30 à 2 h.

Un troisième internaute, Drissa Traoré, plaide pour des études rigoureuses sur les substances utilisées par les populations, afin d’établir des données fiables sur leur efficacité et leur nocivité, et de définir un protocole à base de plantes : « Nous nous sommes soignés pendant des millénaires avant l’arrivée de la civilisation occidentale et de son approche de la thérapeutique. »

Alors que la saison des pluies favorise la prolifération des moustiques, les autorités sanitaires appellent à la vigilance. Protection, hydratation et recours précoce aux soins restent les maîtres-mots pour barrer la route à la dengue à Ouagadougou et partout au Burkina Faso.

Par Francis Kaboré 

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