Burkina Faso : Droits d’auteur : Le BBDA répartit plus de 265 millions F CFA, un artiste empoche 8 millions

 

C’est une bonne nouvelle pour le monde de la création burkinabè. Le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) a annoncé, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 26 février 2026 dans la capitale, le lancement de la répartition des droits de reproduction collectés au titre de l’année 2025.

Au total, ce sont 265 766 773 F CFA qui seront distribués à 4 574 créateurs à partir du lundi 2 mars 2026. Cette enveloppe concerne plusieurs catégories de droits : les droits de reproduction mécanique, la rémunération pour copie privée, la rémunération pour reproduction par reprographie, ainsi que les droits issus des sonneries d’attente téléphonique.

Un artiste musicien en tête du classement

Si les montants varient considérablement d’un bénéficiaire à l’autre, la palme revient cette année à un artiste musicien dont l’identité n’a pas été dévoilée. Il percevra la somme record de plus de 8 millions de F CFA, signe d’une exploitation intensive de son répertoire sur la période concernée.

À l’opposé, le montant minimum de répartition a été fixé à 4 600 F CFA, permettant ainsi aux petits créateurs de bénéficier également des fruits de la collecte.

Une progression spectaculaire des collectes

Le Directeur général du BBDA, le Dr Hamed dit Patindeba Patric Lega, s’est félicité des performances de l’institution. Selon les chiffres présentés à la presse, les redevances collectées ont atteint 391 633 160 F CFA, enregistrant une hausse de 40,25 % par rapport à l’exercice précédent.

Après application des prélèvements statutaires (frais de gestion, fonds de promotion culturelle et œuvres sociales), le montant net à répartir s’établit à 265 766 773 F CFA, soit une progression spectaculaire de 52,93 % par rapport à février 2025 où 173 782 018 F CFA avaient été distribués.

« Cette performance est le résultat des efforts conjugués de nos équipes, du renforcement du dialogue avec les partenaires et de la mise en œuvre de mesures visant à améliorer la collecte », a expliqué le Directeur général, attribuant cette croissance à l’inclusion et à l’efficacité des services du BBDA.

Près de 770 millions F CFA mis en paiement

L’annonce majeure de cette conférence de presse concerne également la mise en paiement des droits en instance. Pas moins de 508 238 034 F CFA, correspondant à des redevances déjà réparties entre 2022 et 2025 mais jamais perçues par leurs bénéficiaires, seront également mis à disposition.

Au total, ce sont donc 769 190 450 F CFA qui seront versés aux créateurs à partir du lundi 2 mars 2026, 8 heures.

Modalités de paiement et bancarisation progressive

Les paiements s’effectueront dans les deux principales villes du pays : Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Plusieurs options sont proposées aux bénéficiaires :

· Virement bancaire
· Paiement électronique (mobile money)
· Chèque (pour les montants supérieurs ou égaux à 100 000 F CFA)
· Espèces aux guichets du BBDA dans les deux villes

Pour les bénéficiaires résidant hors de ces localités, le paiement électronique sera privilégié.

Le Directeur général a profité de cette tribune pour annoncer une réforme majeure à venir : l’accélération de la bancarisation des paiements. « Je voudrais souligner que le BBDA est engagé dans une dynamique de bancarisation des paiements de droits, laquelle deviendra effective dès la répartition du mois de mai », a-t-il déclaré.

Une hausse des revenus… relative

Si ces chiffres sont encourageants, le Dr Hamed a tenu à nuancer l’optimisme. La hausse des montants collectés et répartis ne signifie pas mécaniquement une augmentation des revenus pour chaque créateur. En effet, le nombre d’adhérents au BBDA ne cesse de croître, avec une progression de 12,77 % en février 2026 par rapport à février 2025.

Le gâteau, bien que plus gros, est donc partagé entre un nombre toujours plus grand de convives. Une réalité qui n’enlève rien à l’importance de cette répartition pour les 4 574 artistes, auteurs et créateurs qui pourront, dès lundi, toucher le fruit de leur travail intellectuel.

Par Francis Kaboré 

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