Burkina Faso : SECRICO : les journalistes burkinabè se forment à la critique cinématographique
Former des regards aiguisés sur le septième art. C’est la mission que s’est fixée l’Association des critiques de cinéma du Burkina (ASCRIC-B) à travers la 8ᵉ édition de la Semaine de la Critique de Cinéma de Ouagadougou (SECRICO), clôturée le samedi 12 septembre 2026 à l’ISIS-SE. Une cinquantaine de participants y ont pris part.
Ils étaient une cinquantaine à répondre présent. Critiques de cinéma, professionnels du secteur, membres de l’association et journalistes : tous ont participé à cette nouvelle édition de la SECRICO, portée par l’ASCRIC-B. L’enjeu ? Permettre aux médias burkinabè de parler du cinéma avec plus de profondeur et de justesse.
Durant les travaux, les participants ont été conviés à poser un regard analytique sur plusieurs œuvres majeures du cinéma africain, toutes distinguées par l’Étalon d’or de Yennenga. Tilaï d’Idrissa Ouédraogo a été passé au crible, notamment sous l’angle de la tragédie amoureuse et de l’oralité. Buud Yam de Gaston Kaboré a fait l’objet d’une lecture attentive portant sur le cadrage, la musique et le scénario. Quant à Katanga de Dani Kouyaté, il a également nourri les discussions.
Pour Abraham Bayili, président de l’ASCRIC-B, la démarche est claire : doter les journalistes des outils indispensables à une meilleure couverture du cinéma. « Nous sommes à quelques mois du FESPACO. Cela permet d’être plus aptes à analyser les films et à aborder les œuvres cinématographiques avec un langage professionnel, en maîtrisant la grammaire et le lexique du cinéma », a-t-il souligné.
L’association entend par ailleurs encourager les médias à réserver une place plus grande au septième art, en créant des rubriques et des pages qui lui soient consacrées.
Voir le cinéma autrement
Au-delà du simple plaisir de regarder un film, les participants disent avoir découvert une nouvelle manière d’aborder les œuvres. Abdel Aziz Sawadogo, journaliste à la RTB, retient surtout les rouages cachés d’une production cinématographique.
« Quand on regarde un film, on le voit souvent sous l’angle du divertissement. Mais là, on dépasse le divertissement pour comprendre ce qui est suggéré par le réalisateur. On découvre aussi tout le travail d’équipe et des techniciens en coulisses », a-t-il témoigné.
Cécile Sawadogo, journaliste à Fadima Web TV, partage cet enthousiasme. « Avant, quand je regardais les films, je ne prenais pas le temps d’analyser ce qui se passait derrière la caméra. Pour nous, ce sont les acteurs qui font le film. Durant cette édition, j’ai appris beaucoup de choses : j’ai compris que derrière un film, il y a toute une équipe et des techniciens qui travaillent », a-t-elle confié.
Avec cette édition, l’ASCRIC-B espère ainsi renforcer la place du cinéma dans les médias burkinabè, à l’approche du FESPACO. Les attestations seront remises aux participants le 12 octobre prochain.
Par Francis Kaboré

