Cameroun :Présidentielle 2025 : René Emmanuel Sadi confirme Paul Biya comme candidat naturel du RDPC

Invité ce lundi 7 juillet 2025 de l’émission Grand invité Afrique sur RFI, le ministre camerounais de la Communication, René Emmanuel Sadi, a exprimé un soutien sans faille au président Paul Biya, le présentant comme le « candidat naturel » du RDPC pour la prochaine présidentielle.

Malgré ses 92 ans, Paul Biya reste selon lui pleinement apte à gouverner le pays. « C’est un homme d’une très grande clairvoyance et d’une très grande sagesse, qui connaît parfaitement les dossiers d’État et dirige avec un style unique », a déclaré le ministre face à Christophe Boisbouvier. Il a balayé d’un revers de main les critiques sur l’âge avancé du chef de l’État, estimant que le débat sur sa supposée absence de la scène publique est « accessoire ».

Des départs politiques minimisés

Interrogé sur les démissions récentes de deux anciens alliés du régime, Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary, René Emmanuel Sadi a reconnu que ces départs étaient regrettables, mais sans grande conséquence politique : « Ce sont des personnalités importantes, mais il ne faut pas en faire un drame », a-t-il tempéré.

Polémique avec l’Église catholique

Le ministre est aussi revenu sur la controverse qui oppose le gouvernement à certains responsables de l’Église catholique. Le 7 janvier dernier, en tant que porte-parole du gouvernement, il avait fermement répondu à des propos critiques tenus par plusieurs évêques à la suite du message présidentiel du 31 décembre 2024.

Parmi eux, Mgr Emmanuel Abbo (Ngaoundéré) et Mgr Barthélémy Yaouda Hourgo (Yagoua) avaient accusé le système en place d’être responsable des souffrances des populations depuis plus de 40 ans. Mgr Hourgo était même allé jusqu’à affirmer qu’en 2025, toute candidature serait acceptable, « le diable y compris, sauf celle de Paul Biya ».

Ces critiques avaient été suscitées par une déclaration marquante du président Biya lors de son discours à la nation :
« Ma détermination à vous servir demeure intacte et se renforce au quotidien face à l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés » – une phrase interprétée comme un signal fort d’un nouveau mandat.

René Emmanuel Sadi a réitéré que les évêques avaient, selon lui, « abusivement interprété » les intentions du président.

Vers une présidentielle sous haute tension

À quelques mois d’une élection cruciale, le climat politique au Cameroun est plus polarisé que jamais. Entre les appels à l’alternance et la défense acharnée de Paul Biya par ses partisans, la présidentielle de 2025 s’annonce comme l’une des plus disputées depuis le début de son règne.

Par Georges Domo 

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