Centrafrique : Touadéra investi pour un nouveau mandat de sept ans

Faustin-Archange Touadéra a officiellement entamé un nouveau septennat ce lundi 30 mars à Bangui. Le chef de l’État a prêté serment lors d’une cérémonie solennelle qui marque également l’entrée en vigueur de la VIIe République, instaurée par la réforme constitutionnelle de 2023.

L’événement, organisé dans une capitale en pleine réhabilitation, a été présenté par les autorités comme un tournant historique. De nombreuses infrastructures ont été rénovées pour l’occasion, dans un souci affiché de redynamiser les institutions. Pourtant, l’atmosphère de cette investiture contraste avec la persistance de fortes tensions politiques.

Si la réélection du président a été validée avec plus de 77 % des voix par le Conseil constitutionnel, elle est vivement contestée par une frange de l’opposition. L’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé, figure de l’opposition, dénonce des « irrégularités majeures » ayant entaché le processus électoral. Les critiques se sont encore renforcées ces dernières semaines après l’érection d’une statue à l’effigie de M. Touadéra, un geste perçu par ses opposants comme une « dérive symbolique du pouvoir ».

Sur le plan institutionnel, ce nouveau mandat ouvre une phase de transition importante. Le prochain remaniement gouvernemental, ainsi que la nomination très attendue d’un vice-président – une fonction créée par la nouvelle Constitution –, figurent parmi les premières échéances.

Alors que le pays tente de sortir d’années de conflit, les défis sécuritaires et économiques demeurent immenses pour ce nouveau septennat, qui s’annonce sous le signe de la stabilité institutionnelle mais aussi d’une opposition déterminée à faire entendre sa voix.

Par Jérôme Wailifu 

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