Corée du Sud : l’ex-président Yoon Suk Yeol condamné à cinq ans de prison

La justice sud-coréenne a franchi une étape historique en condamnant, ce vendredi, l’ancien président Yoon Suk Yeol à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. Il s’agit de la première condamnation pénale prononcée contre l’ex-chef de l’État depuis sa tentative avortée d’imposer la loi martiale à la fin de l’année 2024, un épisode qui avait profondément ébranlé la démocratie sud-coréenne.

Âgé de 65 ans, Yoon Suk Yeol a écopé d’une peine inférieure aux dix années d’emprisonnement requises par le parquet. Le tribunal a toutefois estimé que les faits reprochés étaient d’une extrême gravité. Selon l’accusation, l’ancien président aurait délibérément écarté certains membres clés de son gouvernement lors d’une réunion décisive consacrée à l’instauration de la loi martiale, tout en entravant par la suite le travail des enquêteurs chargés de faire la lumière sur cette tentative de coup de force institutionnel.

Une chute après une crise politique majeure

La condamnation intervient un peu plus d’un an après la tentative de passage en force de l’ex-président, qui avait conduit à une crise politique sans précédent et à sa destitution par les institutions du pays. Retranché pendant plusieurs semaines dans sa résidence présidentielle, protégé par sa garde rapprochée, Yoon Suk Yeol avait finalement été interpellé au terme d’une opération de sécurité tendue.

Dans son verdict, le président du tribunal a souligné que l’ancien chef de l’État avait « gravement manqué à son devoir de garant de la Constitution », qualifiant ses actes de « menace directe pour l’ordre démocratique ». Une appréciation sévère qui marque la volonté de la justice sud-coréenne d’affirmer l’État de droit, y compris face aux plus hautes autorités.

D’autres procédures en attente

Malgré cette première condamnation, l’avenir judiciaire de Yoon Suk Yeol demeure incertain. L’ex-président reste visé par sept autres procédures, dont un procès majeur pour insurrection, dans lequel le parquet a requis la peine de mort. Le verdict de cette affaire très sensible est attendu le 19 février 2026.

Conformément à la loi, Yoon Suk Yeol dispose désormais d’un délai de sept jours pour interjeter appel de cette première décision. En Corée du Sud comme à l’international, cette affaire est suivie de près, tant elle symbolise la responsabilité pénale des dirigeants politiques et la solidité des institutions démocratiques du pays.

Par  Ousmane Diallo 

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