Côte d’Ivoire : Gbagbo, Soro et Blé Goudé exclus de la liste électorale provisoire pour 2025
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La Commission électorale indépendante (CEI) a dévoilé ce lundi 17 mars 2025 la liste électorale provisoire pour les prochaines élections, suscitant immédiatement des réactions vives dans le paysage politique ivoirien. Parmi les absences notables figurent celles de l’ancien président Laurent Gbagbo, de l’ex-Premier ministre Guillaume Soro et de l’ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé. Ces exclusions risquent de relancer les débats sur l’inclusivité et la transparence du processus électoral en Côte d’Ivoire.
Laurent Gbagbo : une exclusion qui perdure
Malgré son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) en 2021 et son retour en Côte d’Ivoire la même année, Laurent Gbagbo reste absent de la liste électorale provisoire. Cette exclusion découle d’une condamnation locale dans l’affaire du « braquage de la BCEAO », qui continue de peser sur son dossier. Bien que le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ait multiplié les appels pour sa réintégration, la situation n’a pas évolué depuis 2020.
La grâce présidentielle accordée par Alassane Ouattara en 2022 avait pourtant laissé espérer un retour de Gbagbo sur la scène politique. Cependant, cette nouvelle exclusion confirme que les obstacles juridiques et politiques restent importants. Le PPA-CI devrait réagir officiellement ce mardi 18 mars 2025, et il est probable que cette décision relancera les tensions entre les différents camps politiques.
Guillaume Soro et Charles Blé Goudé : des figures controversées écartées
Guillaume Soro, ancien Premier ministre et figure clé de la crise post-électorale de 2010-2011, reste également exclu de la liste électorale. En exil depuis plusieurs années, Soro fait face à des accusations judiciaires en Côte d’Ivoire, ce qui justifie son absence. De même, Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse et proche de Gbagbo, est écarté en raison de son implication dans des affaires judiciaires non résolues.
Ces exclusions soulèvent des questions sur l’équité du processus électoral. Les partisans de Soro et de Blé Goudé dénoncent une instrumentalisation de la justice pour écarter des opposants politiques, tandis que le pouvoir en place justifie ces décisions par le respect de la légalité.
Un climat politique tendu à l’approche des élections
L’absence de ces figures majeures de l’opposition risque d’alimenter les tensions politiques à l’approche des élections de 2025. Les partis d’opposition pourraient dénoncer une liste électorale biaisée, ce qui pourrait entraîner des mobilisations et des contestations.
La CEI, de son côté, assure que la liste a été établie conformément à la loi et appelle toutes les parties prenantes à respecter le processus. Cependant, les critiques sur la transparence et l’inclusivité du scrutin ne manqueront pas de s’intensifier dans les semaines à venir.
En attendant, la Côte d’Ivoire se prépare à un scrutin qui s’annonce déjà hautement polémique, avec des enjeux cruciaux pour l’avenir démocratique du pays.
Par Ousmane Diallo

