Côte d’Ivoire : une jeune femme interpellée pour un live TikTok en pleine audience au tribunal de Bingerville

 

L’enceinte d’un tribunal est un lieu de justice et de solennité, pas un studio d’enregistrement. C’est la leçon qu’a apprise à ses dépens une jeune femme, ce mercredi 5 mars 2026, au tribunal de Bingerville. Venue assister au procès très médiatisé d’Aurélie Fadiga, elle a été interpellée par les forces de l’ordre pour avoir lancé un live sur le réseau social TikTok pendant l’audience.

Selon des témoins, alors que les débats suivaient leur cours, la jeune dame a sorti son téléphone et commencé à filmer la salle d’audience, commentant en direct les événements pour ses abonnés. Un geste qui n’a pas échappé à la vigilance des huissiers et des agents de sécurité présents. Ils sont immédiatement intervenus pour lui signifier l’interdiction formelle de filmer et ont procédé à son interpellation.

Le tribunal, un sanctuaire numérique

Si l’acte peut paraître anodin pour la génération des réseaux sociaux, il constitue une infraction grave aux règles qui régissent le fonctionnement de la justice ivoirienne. Dans les tribunaux, l’usage du téléphone portable est strictement encadré.

Il est formellement interdit de :

· Filmer ou photographier les audiences.
· Enregistrer les débats.
· Passer des appels téléphoniques.

Ces mesures ne sont pas arbitraires. Elles visent à préserver plusieurs principes fondamentaux :

· La sérénité des débats : L’audience doit se dérouler dans le calme, sans perturbations extérieures.
· La dignité de la justice : L’image et le son d’un procès ne doivent pas être utilisés à des fins de divertissement ou de spectacle.
· La protection des personnes : Les prévenus, les victimes, les avocats et les magistrats ont droit au respect de leur image et de leur vie privée. Une diffusion non consentie pourrait compromettre leur sécurité ou l’équité du procès.
· Le secret de l’instruction et des délibérés : Certaines affaires nécessitent une confidentialité absolue.

Seul le président du tribunal peut, dans des cas exceptionnels et pour des motifs précis (intérêt historique, pédagogique, etc.), autoriser la captation d’images ou de sons.

« Nul n’est censé ignorer la loi »

La jeune femme, qui a probablement ignoré cette réglementation, s’expose désormais aux sanctions prévues par le code de procédure pénale. Ces sanctions peuvent aller d’une simple amende à des peines plus lourdes, selon la qualification retenue par le parquet (outrage, trouble à l’ordre public, etc.).

Il faut rappeler de ce principe juridique fondamental : « Nul n’est censé ignorer la loi ». La popularisation des réseaux sociaux et la quête de « live » à tout prix ne sauraient justifier le non-respect des règles qui garantissent le bon fonctionnement de nos institutions.

Le procès d’Aurélie Fadiga, quant à lui, s’est poursuivi après cette brève interruption, rappelant que la justice suit son cours, dans la dignité et le respect de ses codes, loin des projecteurs des smartphones.

Par Ousmane Diallo 

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