États-Unis : Suspension des visas de routine dans 23 pays africains à compter du 1er août 2026

Un virage diplomatique sans précédent. Le Département d’État américain a annoncé la suspension, à partir du 1er août 2026, des services de visas de routine dans 23 pays africains. Une mesure qui redessine la carte des procédures consulaires sur le continent et contraint des milliers de demandeurs à se tourner vers d’autres centres.

23 ambassades concernées, 19 centres maintenus

Les services seront suspendus dans les capitales et villes suivantes : Lusaka (Zambie), Harare (Zimbabwe), Abuja (Nigeria), Asmara (Érythrée), Bamako (Mali), Banjul (Gambie), Brazzaville (Congo), Bujumbura (Burundi), Conakry (Guinée), Cotonou (Bénin), Durban (Afrique du Sud), Freetown (Sierra Leone), Gaborone (Botswana), Juba (Soudan du Sud), Libreville (Gabon), Lilongwe (Malawi), Maputo (Mozambique), Maseru (Lesotho), Mbabane (Eswatini), N’Djamena (Tchad), Niamey (Niger), Nouakchott (Mauritanie) et Ouagadougou (Burkina Faso).

Les demandeurs de visa résidant dans ces pays devront désormais se rendre dans l’un des 19 centres consulaires encore opérationnels, à savoir : Lagos (Nigeria), Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Addis-Abeba (Éthiopie), Le Cap (Afrique du Sud), Dakar (Sénégal), Dar es-Salam (Tanzanie), Djibouti (Djibouti), Johannesburg (Afrique du Sud), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Kinshasa (RDC), Lomé (Togo), Luanda (Angola), Malabo (Guinée équatoriale), Monrovia (Liberia), Nairobi (Kenya), Port-Louis (Maurice) et Yaoundé (Cameroun).

Trois raisons officielles : sécurité, coûts et cohérence

Interrogé sur cette restructuration, le Département d’État a avancé trois objectifs principaux :

· Renforcer les contrôles de sécurité en centralisant les traitements dans des centres mieux équipés ;
· Réduire les coûts opérationnels dans un contexte de restrictions budgétaires ;
· Uniformiser les procédures pour garantir un traitement plus cohérent des dossiers.

 

Si certains observateurs saluent une rationalisation attendue, d’autres dénoncent une décision qui pénalisera les populations les plus éloignées des centres maintenus, notamment dans les pays enclavés ou fragiles. Des associations de défense des droits des voyageurs s’inquiètent déjà d’une hausse des délais et des frais de déplacement pour les demandeurs.

Quelles alternatives pour les citoyens concernés ?

Les autorités américaines précisent que les demandes de visas d’urgence (humanitaires ou médicales) pourront toujours être examinées au cas par cas. Pour les autres, il faudra désormais anticiper plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour obtenir un rendez-vous dans l’un des centres subsistants.

Cette mesure, qui prendra effet dans moins de deux mois, risque de bouleverser les flux migratoires et commerciaux entre les États-Unis et une vingtaine de pays africains. L’administration américaine assure toutefois que cette réorganisation est « temporaire et évolutive », sans toutefois en préciser la durée.

Par Frédéric Konaté 

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