France : Près de 500 interpellés et 43 policiers blessés lors de la mobilisation des lycéens et enseignants à Paris
Une vaste mobilisation des lycéens et des enseignants a secoué les rues de Paris ce mardi pour dénoncer la dégradation des conditions d’études et le manque de moyens dans l’éducation publique. La journée a été marquée par de vives tensions avec les forces de l’ordre. Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, près de 500 manifestants ont été interpellés et 43 agents des forces de l’ordre ont été blessés.
Cette journée de protestation, qualifiée de « troisième acte » du mouvement, a rassemblé des foules considérables dans la capitale. Les chiffres divergent toutefois sensiblement selon les sources. Le ministère de l’Intérieur annonce 256 000 manifestants sur l’ensemble du territoire, dont 56 000 à Paris. De leur côté, les organisateurs de l’intersyndicale lycéenne revendiquent 450 000 participants au niveau national, et 100 000 dans la capitale. Quoi qu’il en soit, il s’agit de la journée la plus suivie depuis le début du mouvement.
Si le défilé s’est globalement déroulé dans le calme, encadré par un service d’ordre syndical, la situation s’est brutalement dégradée en fin de cortège et lors de la dispersion en soirée. Selon le ministère de l’Intérieur, environ 300 individus qualifiés d' »éléments hostiles » se sont infiltrés dans le défilé parisien. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des personnes masquées lançant des pierres et des mortiers d’artifice sur les policiers, ainsi que le saccage d’une agence de Pôle emploi, dont le mobilier a ensuite été incendié. Les forces de l’ordre ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène.
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a fait état de 14 blessés, parmi lesquels un policier touché à la nuque par une pierre et un manifestant grièvement blessé après une chute depuis la statue de la place de la République.
Face à la persistance de la contestation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé l’organisation, de mercredi à vendredi, d’un « temps de démocratie interne » dans les lycées, avec la suspension de certains cours afin de permettre le dialogue avec les élèves, et s’est engagé à « corriger » la plateforme Parcoursup. Une initiative vivement critiquée par les principaux syndicats de chefs d’établissement, qui la jugent « irrespectueuse » et « chaotique ». De son côté, Emmanuel Grégoire, successeur d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, a indiqué que des salles municipales seraient ouvertes aux lycéens pour leurs assemblées et a appelé les forces de l’ordre à « privilégier la désescalade ».
Depuis le début du mouvement, le 28 septembre, 6 547 personnes ont été interpellées dans toute la France, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Les organisations syndicales ont d’ores et déjà appelé à une nouvelle journée de mobilisation nationale jeudi prochain.
Par Cherif Keita

