Gambie : les États-Unis restituent plus de 1,43 milliard de FCFA issus d’un bien de Yahya Jammeh
Washington et Banjul ont conclu un accord portant sur la restitution de 2,5 millions de dollars, soit environ 1,43 milliard de FCFA, provenant de la vente d’une maison achetée aux États-Unis par l’ancien président gambien Yahya Jammeh. Cette somme sera affectée à l’indemnisation des victimes de son régime.
C’est une décision qui pourrait apporter une parcelle de réparation à des milliers de victimes. Les États-Unis ont accepté de restituer à la Gambie 2,5 millions de dollars, soit environ 1,43 milliard de francs CFA, issus de la vente d’un bien immobilier ayant appartenu à l’ancien président Yahya Jammeh. L’information a été confirmée par les autorités américaines et gambiennes, qui ont scellé un accord en ce sens.
La propriété en question est située dans le Maryland, aux États-Unis. Selon les enquêteurs, elle aurait été achetée avec des fonds provenant des caisses de l’État gambien. La justice américaine avait ordonné sa saisie en 2022, dans le cadre de poursuites liées au blanchiment de capitaux et à la corruption.
La vente du bien a finalement rapporté plus de 1,43 milliard de FCFA. Une somme qui retournera désormais à la Gambie, conformément à l’accord conclu entre Washington et Banjul.
Vingt-deux ans de règne sous haute tension
Yahya Jammeh a dirigé la Gambie de 1994 à 2017, soit vingt-deux années au pouvoir. Durant cette période, il est accusé d’avoir réprimé brutalement toute opposition, ordonné des assassinats, et permis de nombreuses violences sexuelles. Les enquêtes internationales estiment également qu’il aurait détourné plus de 170 milliards de FCFA des caisses de l’État.
Ces accusations ont conduit à l’ouverture de plusieurs procédures judiciaires à travers le monde, dont celle qui a abouti à la saisie de la maison du Maryland.
Pour les victimes du régime de Yahya Jammeh, cette restitution représente bien plus qu’une simple opération financière. Elle constitue une reconnaissance, même partielle, des préjudices subis. Les fonds seront destinés à indemniser celles et ceux qui ont souffert sous l’ancien régime.
Le processus d’indemnisation, longtemps attendu, pourrait enfin prendre forme grâce à cette somme. Les autorités gambiennes n’ont pas encore précisé le calendrier ni les modalités exactes de distribution.
Au-delà du cas gambien, cette restitution envoie un message clair : les biens acquis grâce à des fonds détournés ne restent pas impunis. La coopération entre Washington et Banjul illustre une tendance croissante à traquer les avoirs illicites des anciens dirigeants, même lorsqu’ils ont quitté le pouvoir.
Pour la Gambie, ce montant représente une première étape. D’autres biens de Yahya Jammeh, notamment en Guinée équatoriale et dans d’autres pays, font l’objet de procédures similaires. L’ancien président, qui vit aujourd’hui en exil, n’a jamais répondu aux accusations portées contre lui.
La restitution de ces 1,43 milliard de FCFA ouvre donc une voie. Celle d’une justice financière qui, lentement mais sûrement, rattrape les responsables de prédations massives. Une voie encore longue, mais désormais tracée.
Par Issa Abdou

