Guinée-Bissau : Le régime militaire nomme Ilidio Vieira Té Premier ministre

Moins de 24 heures après la prise de contrôle du pays par les forces armées, les nouvelles autorités de transition en Guinée-Bissau ont annoncé ce vendredi la nomination d’Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre. Ancien ministre des Finances du président déchu Umaro Sissoco Embaló, il hérite d’un rôle stratégique, cumulant désormais les fonctions de chef du gouvernement et de responsable des finances publiques.

La décision a été officialisée à la mi-journée par le nouveau président de la Transition, le général Horta N’Tam, lors d’un communiqué qui confirme la volonté des militaires de restructurer rapidement l’appareil d’État. Cette nomination intervient au lendemain de l’exfiltration d’Umaro Sissoco Embaló vers Dakar, marquant une rupture nette avec l’ancien régime.

Un choix à la fois politique et stratégique

En plaçant un membre influent de l’ancienne équipe gouvernementale au cœur de l’exécutif, la junte cherche à projeter une image de continuité institutionnelle tout en consolidant son contrôle sur les leviers du pouvoir. Le cumul inédit des deux portefeuilles — Primature et Finances — témoigne de la volonté du haut commandement militaire de sécuriser les secteurs clés de l’économie dans une période marquée par de fortes incertitudes.

Une décision qui suscite des interrogations

Si la reconduction d’un technocrate expérimenté peut rassurer certains partenaires financiers et diplomatiques, elle alimente aussi les interrogations quant à la marge de manœuvre réelle du nouveau Premier ministre face aux militaires. Beaucoup se demandent s’il pourra exercer ses fonctions en toute indépendance ou s’il demeurera un relais de la junte dans la gestion de l’État.

Une transition sous tension

La Guinée-Bissau aborde ainsi une phase sensible de son histoire politique. Entre recherche de stabilité et risques de dérive autoritaire, chaque décision du pouvoir militaire sera observée de près par une population inquiète et par une communauté internationale particulièrement attentive à l’évolution de la situation.

Par Jérôme Wailifu

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