Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo expulse des émissaires de la CEDEAO

Un nouvel épisode de tension diplomatique secoue la Guinée-Bissau. La mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dépêchée dans le pays du 21 au 28 février 2025, a été contrainte de quitter le territoire à la suite de menaces d’expulsion formulées par le président Umaro Sissoco Embalo. Cette décision, officialisée par un communiqué de la mission le 2 mars 2025, met en lumière la crise politique persistante dans le pays.

Un affront direct à la médiation régionale

La mission de la CEDEAO avait pour objectif d’aider à résoudre le blocage politique lié à la fixation d’une date pour l’élection présidentielle. Durant son séjour, elle a rencontré plusieurs acteurs politiques, y compris des leaders de l’opposition. C’est cette démarche qui aurait déclenché la colère du président Embalo.

D’après Aristides Gomes, ancien Premier ministre bissau-guinéen, le chef de l’État, bien qu’en déplacement à l’étranger, était informé du déroulement des discussions. Il aurait perçu cette initiative comme une atteinte à son autorité et une remise en cause de son emprise sur le pouvoir.

« Une fois que la CEDEAO a accédé aux demandes de l’opposition et rencontré ses leaders, la mission a enfreint l’objectif fondamental de Sissoco : la personnalisation du pouvoir. »
— Aristides Gomes, ancien Premier ministre

Embalo, un président défiant les règles diplomatiques

Ce n’est pas la première fois que Umaro Sissoco Embalo entre en conflit avec la CEDEAO. Lorsqu’il s’était auto-proclamé président en 2020, avec le soutien des forces de sécurité, il avait déjà expulsé des représentants de l’organisation régionale. À l’époque, il avait même déclaré persona non grata certains membres de la CEDEAO présents dans le pays.

Cette attitude hostile à l’égard des interventions extérieures illustre la volonté du président Embalo de garder un contrôle total sur le processus politique, quitte à défier les instances régionales.

Quel avenir pour la médiation en Guinée-Bissau ?

Malgré cette expulsion, la feuille de route établie par la mission de la CEDEAO sera transmise au président de la commission de l’organisation. Reste à savoir si cette démarche permettra de relancer le dialogue ou si elle renforcera l’isolement du régime de Sissoco Embalo.

La Guinée-Bissau, souvent marquée par des instabilités politiques et des putschs militaires, reste sous surveillance de la communauté internationale. La gestion de cette crise par la CEDEAO pourrait bien déterminer l’avenir du pays dans les mois à venir.

Par Ousmane Diallo 

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