Guinée : Silences d’État et rumeurs autour d’une possible intoxication du président Doumbouya
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Depuis plusieurs jours, la toile s’embrase et les rédactions s’interrogent. Entre un remaniement gouvernemental majeur et un mutisme absolu des services de communication de la présidence, la Guinée est secouée par une vague de spéculations concernant l’état de santé du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya. Des sources non officielles évoquent une « hospitalisation à l’étranger » et un possible « empoisonnement ».
Le week-end dernier, le chef de l’État a procédé à un large remaniement au sein du cabinet du premier ministre, Amadou Oury Bah. Plusieurs nouveaux responsables ont été nommés à des postes stratégiques, touchant à la souveraineté nationale dans les secteurs de l’économie, de la santé, de l’éducation ou encore de l’énergie. Un remaniement technique qui semblait indiquer une volonté de renforcer l’efficacité gouvernementale.
Pourtant, ce remaniement est désormais éclipsé par une tout autre préoccupation. Depuis l’annonce de ces changements, le président Doumbouya ne s’est pas exprimé publiquement. Aucune image récente n’a été diffusée par les médias d’État. Un silence radio qui, dans le contexte politique ouest-africain, nourrit toutes les inquiétudes.
La thèse de l’empoisonnement qui enflamme la toile
C’est le site d’information Afrique sur 7 qui a mis le feu aux poudres en relayant des informations selon lesquelles le président aurait été victime d’une tentative d’empoisonnement. La nature de la substance, le lieu et la date présumée des faits n’ont pas été précisés. Les sources, décrites comme « proches de la présidence », restent anonymes.
Sur les réseaux sociaux, l’inquiétude et les théories les plus folles se multiplient. Certains internautes évoquent une évacuation sanitaire vers l’Europe, tandis que d’autres appellent les autorités à « briser le silence » pour éviter une crise de confiance.
Une communication officielle attendue
Face à cette cacophonie, les autorités guinéennes n’ont, à ce jour, publié aucun communiqué pour confirmer ou infirmer ces rumeurs. Ce vide communicationnel est dangereux dans un pays ayant connu une instabilité politique chronique et où la transition engagée après le coup d’État de 2021 est suivie de très près par la communauté internationale.
Alors que l’écrasante majorité des médias internationaux, comme la BBC ou Jeune Afrique, ne font pas écho à cette information faute de sources vérifiables, la question demeure : s’agit-il d’une simple intox de mauvais goût, ou d’une information prématurée que le pouvoir n’est pas encore prêt à officialiser ?
En attendant, le peuple guinéen retient son souffle, espérant voir rapidement son président s’adresser à la nation pour tourner la page de ces rumeurs et se concentrer sur les défis économiques et sociaux qui attendent le pays.
Par Cherif Keita

