Iran : après l’échec de la pression militaire, Washington durcit la bataille économique
Les États-Unis changent de stratégie face à l’Iran. Après plusieurs mois de frappes qui n’ont pas permis de contraindre Téhéran à céder, Washington entend désormais renforcer la pression sur l’économie iranienne et s’attaquer à ceux qui continuent de faire affaire avec la République islamique.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé lundi une nouvelle phase de cette offensive, qualifiée de stratégie d’« asphyxie économique ». L’objectif est désormais de réduire les ressources financières de Téhéran en élargissant les sanctions aux entreprises et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l’Iran.
Les partenaires de Téhéran désormais ciblés
Les nouvelles mesures américaines pourraient toucher plusieurs secteurs stratégiques, notamment le pétrole, le transport maritime, l’aviation, les technologies et les actifs numériques.
Les entreprises considérées comme participant aux échanges avec l’Iran pourraient être exposées à de lourdes sanctions, avec notamment la menace d’une exclusion du système financier en dollars.
Une telle politique ne concerne donc plus uniquement Téhéran. Elle vise également son environnement économique international, faisant peser une pression supplémentaire sur les partenaires de l’Iran.
La Chine et l’Inde sous pression
Cette stratégie pourrait toutefois provoquer de nouvelles frictions entre Washington et plusieurs grandes puissances économiques, en particulier la Chine et l’Inde, qui entretiennent des relations commerciales avec Téhéran.
En menaçant de sanctionner les entreprises étrangères commerçant avec l’Iran, les États-Unis prennent ainsi le risque d’élargir le bras de fer au-delà du seul conflit avec la République islamique.
De la guerre aux sanctions
Sur le terrain politique, Téhéran ne semble toujours pas disposé à accepter les conditions américaines. Le pouvoir iranien reste en place malgré les frappes et la pression internationale.
Washington cherche donc désormais à déplacer le rapport de force vers le terrain économique. En ciblant les revenus, les échanges commerciaux et l’accès au dollar, les autorités américaines espèrent affaiblir progressivement la capacité de l’Iran à résister.
Le dossier du détroit d’Ormuz reste par ailleurs particulièrement sensible. Sa fermeture prolongée continue de peser sur les marchés énergétiques et fait craindre de nouvelles perturbations de l’approvisionnement mondial.
Après la confrontation militaire, Washington ouvre ainsi un nouveau chapitre : celui de la guerre économique. Reste à savoir si cette stratégie parviendra à faire plier Téhéran ou si elle provoquera, au contraire, une nouvelle escalade avec les puissances qui continuent de commercer avec l’Iran.
Par Cherif Keita

