Kenya : William Ruto supprime les droits de douane sur les smartphones pour accélérer la digitalisation
Le président kényan a annoncé, ce mardi 20 octobre, la levée des taxes de 25 % frappant les téléphones portables importés. Une mesure phare visant à rendre la technologie accessible au plus grand nombre et à soutenir l’économie numérique du pays.
Nairobi, Kenya. C’est une annonce qui devrait faire vibrer le marché kényan de la téléphonie mobile. Ce mardi 20 octobre, le président William Ruto a officiellement annoncé la suppression des droits de douane de 25 % appliqués jusqu’ici aux téléphones portables importés.
Cette décision, saluée par les acteurs du secteur, répond à un objectif social et économique clair : rendre les smartphones accessibles à tous les Kényans. Dans un pays où le taux de pénétration d’Internet est en forte croissance mais où le coût des terminaux reste un frein majeur pour les ménages modestes, cette baisse de fiscalité devrait mécaniquement faire chuter les prix de détail.
Un levier pour l’inclusion numérique
Pour le chef de l’État, cette mesure s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation digitale. En réduisant la barrière financière à l’achat d’un appareil, le gouvernement espère accélérer l’adoption des services publics en ligne, de la finance mobile (M-Pesa) et de l’entrepreneuriat numérique.
« L’objectif est de rendre les smartphones accessibles à tous les Kényans », a déclaré le président Ruto lors de son allocution. Cette décision marque un tournant dans la politique fiscale du pays, qui cherchait jusqu’à présent à maximiser les recettes douanières sur les produits de consommation courante.
Les opérateurs de téléphonie et les importateurs s’attendent à une augmentation significative des volumes de vente dans les semaines à venir. Les petits commerçants de Nairobi, qui écoulent souvent des modèles d’entrée de gamme, devraient être les premiers bénéficiaires de cette mesure.
Cependant, des questions subsistent quant à l’impact sur les recettes fiscales et sur la production locale, le Kenya ayant récemment manifesté l’ambition de développer sa propre industrie d’assemblage de smartphones. Le gouvernement n’a pas encore précisé si la suppression de ces droits serait compensée par d’autres mesures fiscales.
Avec cette annonce, le Kenya confirme sa volonté de se positionner comme un hub technologique majeur en Afrique de l’Est, misant sur une population connectée pour stimuler la croissance économique.
Par Rodrigue Izumo

