Monde: Paludisme : des avancées historiques, mais une menace toujours présente à l’échelle mondiale
Malgré des progrès spectaculaires enregistrés ces dernières années, le paludisme demeure l’une des principales urgences sanitaires mondiales. Les dernières données internationales révèlent que les nouveaux outils de lutte ont permis d’éviter 170 millions de cas et de sauver près d’un million de vies en 2024, une avancée inédite dans la lutte contre cette maladie qui touche principalement l’Afrique subsaharienne.
Des vaccins qui changent la donne
L’extension progressive des vaccins antipaludiques a profondément bouleversé la dynamique de prévention. Désormais utilisés dans 24 pays, ces vaccins sont devenus un pilier central des stratégies sanitaires.
À cela s’ajoute le renforcement de la prévention saisonnière : 54 millions d’enfants en ont bénéficié en 2024, contre seulement 200 000 en 2012. Une progression fulgurante saluée par les organisations internationales.
Des pays désormais libres du paludisme
La lutte porte également ses fruits à l’échelle géographique. 47 pays et un territoire sont officiellement déclarés exempts de paludisme, parmi lesquels le Cap-Vert, l’Égypte, la Géorgie, le Suriname et le Timor-Leste. Ces succès démontrent l’efficacité des politiques nationales bien coordonnées et du soutien financier international.
Un fléau encore meurtrier
Malgré ces avancées, le paludisme demeure un adversaire redoutable. En 2024, la maladie a encore provoqué 282 millions de cas et 610 000 décès. Les enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne restent les principales victimes.
Plusieurs défis menacent les progrès accomplis :
- résistance accrue aux médicaments,
- baisse des financements internationaux,
- effets du changement climatique, qui favorisent l’expansion des zones à risque.
Prévention : un combat quotidien
Face à ces menaces, les experts insistent sur la nécessité de maintenir les gestes essentiels : usage systématique des moustiquaires imprégnées, vaccination des enfants, consultation rapide en cas de fièvre, et intensification des actions communautaires.
Les spécialistes avertissent : sans engagement politique durable et financements continus, les acquis pourraient rapidement être compromis. Si les progrès sont historiques, le combat contre le paludisme est loin d’être terminé.
Par Ousmane Diallo

