Tchad : à Kelo, des élèves et des enseignants confrontés au quotidien précaire de l’école

Au sud du Tchad, dans la province du Tandjilé Ouest, le lycée communal général de Kelo incarne un défi silencieux mais persistant : celui d’une éducation sous contrainte. Dans des salles de classe en parpaings, mal ventilées et surchargées, des centaines d’élèves tentent chaque jour d’apprendre, malgré la chaleur accablante et le manque criant d’équipements de base.

Les bancs, souvent insuffisants ou endommagés, obligent parfois les élèves à s’entasser ou à s’asseoir par terre. L’espace y est si restreint que la moindre concentration relève de l’exploit. « On a vraiment chaud. Parfois, on n’arrive plus à suivre le cours », confie un élève de seconde, essuyant son front d’un revers de main.

Des enseignants motivés mais démunis

Malgré ces conditions difficiles, les enseignants continuent d’assurer leurs cours avec une détermination remarquable. Mais ils sont les premiers à constater les conséquences de ce cadre dégradé : baisse d’attention, absentéisme, et décrochage scolaire.

« On ne peut pas demander aux élèves d’être performants quand ils manquent de tout. Une école, c’est d’abord un lieu où l’on se sent bien pour apprendre. Ici, c’est un combat quotidien », témoigne un professeur sous couvert d’anonymat.

Parents et responsables locaux tirent la sonnette d’alarme

Du côté des parents d’élèves et des autorités locales, l’inquiétude grandit. Pour eux, la rénovation et l’agrandissement des salles de classe ne sont plus une option, mais une urgence absolue.

« Nos enfants ont le droit d’étudier dans des conditions décentes. Si rien ne change, nous risquons de sacrifier toute une génération », alerte un responsable parental, joint par téléphone.

Un mal qui dépasse Kelo

La situation du lycée de Kelo n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle reflète une réalité plus large que connaissent plusieurs régions du Tchad : un manque chronique d’investissements dans les infrastructures scolaires. Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires et climatiques, l’éducation semble reléguée au second plan.

Pour les acteurs locaux, une seule priorité s’impose désormais : offrir aux jeunes Tchadiens les conditions d’apprentissage qu’ils méritent. Avant qu’il ne soit trop tard.

Par Mbaikoula Philippe

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