Tchad : la COBAC retire l’agrément de la microfinance FINADEV Tchad S.A., mise en liquidation

La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a pris une décision radicale à l’encontre de l’établissement de microfinance FINADEV Tchad S.A. Par une décision disciplinaire en date du 5 février 2026, l’institution de contrôle a prononcé le retrait d’agrément de la société, qui entre officiellement en liquidation.

L’information a été rendue publique par un communiqué publié le 20 mai dernier, soit près de trois mois et demi après la décision. La COBAC a par ailleurs nommé Mme Khadidja Lamana en qualité de liquidatrice. Sa mission, d’une durée maximale d’un an renouvelable, consiste à réaliser les actifs de l’établissement et à apurer l’ensemble du passif.

Une procédure disciplinaire aux motifs non précisés

Le communiqué de la COBAC, l’autorité de régulation bancaire des six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad), ne détaille pas les motifs précis qui ont conduit à cette sanction disciplinaire. Le retrait d’agrément, mesure la plus grave que puisse prendre la Commission, intervient généralement en cas de manquements graves et répétés aux règles prudentielles, de défaut de transparence financière, ou de menaces pour la sécurité des dépôts des clients.

Quelles conséquences pour les déposants ?

La mise en liquidation de FINADEV Tchad S.A. soulève désormais la question du sort des épargnants et clients de la microfinance. La liquidatrice, Mme Khadidja Lamana, est chargée de réaliser les actifs de l’établissement pour rembourser, dans la mesure du possible, les créanciers et déposants.

Les clients de l’institution sont invités à se rapprocher des services de la liquidation pour connaître les modalités de recouvrement de leurs fonds, dans la limite des actifs disponibles. En pareille situation, les dépositaires ne sont pas toujours intégralement remboursés, en particulier en l’absence de système de garantie des dépôts spécifique aux microfinances dans la zone CEMAC.

Un nouveau coup dur pour le secteur de la microfinance tchadienne

Cette décision s’inscrit dans une série de mesures disciplinaires prises ces dernières années par la COBAC à l’encontre d’établissements de microfinance dans la sous-région, souvent pointés du doigt pour leur fragilité financière et des pratiques de gestion hasardeuses. Au Tchad, le secteur de la microfinance, essentiel pour l’inclusion financière des populations non bancarisées, a déjà connu plusieurs faillites retentissantes, laissant des milliers de petits épargnants dans la détresse.

Aucune réaction officielle de la direction de FINADEV Tchad S.A. n’a été communiquée pour l’instant.

Par Kenzo Brown 

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