Tchad : l’AMET s’insurge contre les restrictions d’accès à l’information dans les hôpitaux face à la dengue
L’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) sort de son silence. Dans un communiqué rendu public ce lundi, l’organisation fustige les obstacles imposés aux journalistes dans les hôpitaux de la capitale, en pleine lutte contre l’épidémie de dengue.
D’après les récits recueillis par l’association, la Direction de la communication du ministère de la Santé aurait émis des directives restreignant l’accès des médias privés aux établissements sanitaires, tout en limitant les entretiens avec les responsables. L’AMET déplore une pratique qui, selon elle, se répète et compromet la mission d’information.
L’organisation, dirigée par Bello Bakary Mana, estime que ces blocages mettent en danger la transparence alors que le pays traverse une crise sanitaire. « En période d’épidémie, l’accès à une information fiable constitue une nécessité de santé publique », souligne le communiqué.
L’AMET craint que ces restrictions n’ouvrent la voie à la désinformation : chiffres de contamination, bilans des décès, capacités de prise en charge des patients… autant de sujets sur lesquels les fausses informations pourraient prospérer en l’absence d’un accès libre des journalistes aux sources officielles.
Un ultimatum au ministre de la Santé
L’association interpelle directement le ministre de la Santé, l’appelant à garantir un accès équitable à l’information et à publier régulièrement les données officielles sur l’épidémie. Elle réitère néanmoins sa disponibilité au dialogue avec les autorités sanitaires.
Mais si aucune mesure concrète n’est prise, l’AMET prévient : elle suspendra la couverture des activités institutionnelles du ministère. Une décision lourde de conséquences, qui priverait le public d’une source d’information essentielle sur la situation sanitaire du pays.
Cette sortie de l’AMET s’inscrit dans un contexte de tensions durables entre les médias tchadiens et les autorités sanitaires. L’association dénonce une situation qui n’a rien de nouveau et qui révèle, selon elle, une difficulté structurelle à garantir la liberté d’accès à l’information dans le domaine de la santé publique.
Alors que la dengue gagne du terrain à N’Djamena, la transparence des autorités sanitaires s’impose plus que jamais comme un enjeu de santé publique majeur. L’appel de l’AMET sera-t-il entendu par le ministère de la Santé ? La question reste ouverte.
Par Kenzo Brown

