Tchad : le procès de Succès Masra se poursuit dans une atmosphère tendue

Le procès du leader de l’opposition, Dr Succès Masra, s’est poursuivi ce vendredi devant la cour criminelle, dans une ambiance électrique. Les échanges entre les différentes parties ont été marqués par des propos incisifs, des questions sensibles sur les violences passées, et des remises en cause du rôle de l’État.

Alors que le procès porte officiellement sur des accusations liées à des faits qualifiés de génocide, l’un des avocats de la partie civile, représentant l’État, a tenu à clarifier le cadre du débat :

« Ici, notre débat porte sur le génocide, mais il ne s’agit pas d’une bagarre au sujet de ce qui s’est passé à Mandakao », a-t-il déclaré.

De son côté, Dr Succès Masra a profité de sa prise de parole pour revenir sur une scène marquante de son interrogatoire par la police judiciaire :

« Quand les responsables m’ont demandé mon ethnie, je leur ai répondu : Je suis Tchadien, comme cela est indiqué sur mon acte de naissance », a-t-il relaté, suscitant des murmures dans la salle.

La défense n’a pas manqué de pointer la responsabilité de l’État dans la gestion de la sécurité, notamment durant les épisodes de violences :

« Qui a introduit les armes utilisées par les civils pour s’entretuer ? Où est l’État ? L’État qui a les moyens de contrôler la circulation des armes, pourquoi ne l’a-t-il pas empêché ? », a lancé un des avocats de l’opposant.

Face à ces accusations, le président du tribunal a interrompu l’audience pour rappeler que ces arguments seraient examinés lors de la phase de plaidoirie.

La séance du matin a ensuite été suspendue, laissant place à de nombreuses interrogations sur l’issue de ce procès hautement politique.

Par Kenzo Brown

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