Tchad : Le Sous-préfet de Bohobé  Doumhassem Gédéon en croisade pour la paix sociale et le vivre-ensemble

Dans une région marquée ces derniers mois par des tensions récurrentes entre éleveurs et agriculteurs, la tournée de sensibilisation de proximité menée par le Sous-préfet de Bohobé, Doumhassem Gédéon, apparaît comme un souffle d’apaisement. Vendredi dernier, la mission s’est arrêtée à Marakouya 2, village du canton Marabé, où un accueil chaleureux lui a été réservé par le chef de canton, Issa Baga Nanda, entouré de ses notables.

Prévenir les conflits, encourager la responsabilité

En amont de la rencontre publique, une descente sur le terrain a été effectuée directement dans les ferricks, auprès des éleveurs et bouviers. Objectif : sensibiliser à l’encadrement rigoureux des troupeaux, pour prévenir la destruction des cultures, une source majeure de discorde dans les cantons du Moyen-Chari.

« Le message est clair : chacun doit jouer sa partition dans la préservation de la paix sociale », a martelé le Sous-préfet, dans un langage direct et accessible, salué par les participants.

Une mobilisation communautaire autour de la paix

La rencontre publique a rassemblé une foule nombreuse, révélant à la fois la mobilisation communautaire et l’urgence d’un dialogue sincère. Au cœur des discussions, les thèmes récurrents d’un vivre-ensemble mis à mal dans plusieurs localités du Sud :

La nécessité d’un respect mutuel entre agriculteurs et éleveurs ;

L’importance de renforcer la collaboration entre autorités administratives, coutumières et sécuritaires ;

Le rappel du respect dû aux autorités locales, souvent marginalisées ou contestées ;

La promotion de la sécurité collective, dans un contexte où les conflits locaux dégénèrent parfois en violences graves.

Ces messages ont été accompagnés de recommandations pratiques et d’appels à la vigilance citoyenne. Une pédagogie de proximité a guidé toute l’intervention.

Le RGPH-3, pilier d’un développement planifié

Le Sous-préfet a également profité de cette étape pour insister sur l’enjeu national du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3). La population a été appelée à collaborer avec les agents recenseurs, qui effectueront prochainement un porte-à-porte dans la région.

« Il n’y a pas de développement sans données fiables », a rappelé Doumhassem Gédéon. « Ce recensement est une opportunité historique de nous faire entendre, chiffres à l’appui. »

Agriculture : soutenir les producteurs locaux

En complément, le sous-chef de secteur de l’ANADER de Bohobé a pris la parole pour délivrer des conseils techniques aux producteurs locaux. L’objectif est de garantir la réussite de la campagne agricole actuelle, dans un contexte climatique et sécuritaire parfois incertain.

Un vivre-ensemble sous tension : urgence d’agir

Dans plusieurs cantons du Moyen-Chari, les affrontements entre agriculteurs et éleveurs ont récemment fait des victimes, déstabilisant la cohésion communautaire. Les tournées comme celle conduite par le Sous-préfet de Bohobé ne sont pas de simples formalités administratives : elles représentent aujourd’hui un front actif contre l’effritement du tissu social.

Par son approche proactive, inclusive et centrée sur l’écoute, Doumhassem Gédéon s’impose progressivement comme un acteur déterminé du maintien de la paix au Sud du Tchad. Reste à espérer que cette dynamique puisse essaimer dans les zones les plus sensibles, à travers un soutien renforcé de l’État, des ONG et des leaders communautaires.

Par Kenzo Brown 

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