TCHAD : Portrait : Alphonse DJONFANBE DJOLBOTA, le Juriste-chercheur tchadien qui veut « sauver des vies par le droit ».
À seulement 27 ans, ce jeune juriste tchadien s’impose déjà comme une figure prometteuse de la recherche juridique et du conseil en Afrique. Portrait d’un esprit brillant, d’une humilité rare et d’une ambition qui force le respect.
Dans un paysage juridique africain en pleine mutation, certains noms émergent avec une évidence troublante. Celui d’Alphonse DJONFANBE DJOLBOTA en fait partie. À 27 ans, ce natif de Bisso (département El-Ouaya, Mayo-Kebbi Ouest) incarne cette nouvelle génération de juristes qui allient excellence académique, engagement de terrain et vision continentale.
Son histoire commence pourtant par un rêve brisé. « Au départ, je voulais être médecin », confie-t-il avec une sincérité désarmante. « Je voyais dans la médecine une manière de sauver des vies et d’être utile aux autres. » Mais l’orientation scolaire en décide autrement : le voilà dirigé vers la filière littéraire, baccalauréat série A4 en poche en 2018 au Lycée de Walia.
Loin de se résigner, le jeune homme transforme ce détour en destin. « Je me suis dit que, d’une autre manière, le droit pouvait aussi sauver des vies : en protégeant une personne contre une injustice, en défendant ses droits, en permettant à une personne vulnérable de retrouver sa dignité et sa place dans la société. » Cette phrase, prononcée avec la conviction d’un homme mûr, résume à elle seule l’étoffe du personnage.
Un parcours d’excellence
Licence en droit privé à l’Université de N’Djamena en 2021 dans la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques et Master en droit des affaires et de l’entreprise à l’Université de Yaoundé II en 2026. Le parcours académique d’Alphonse force l’admiration. Mais loin de se contenter des amphithéâtres, il a su se frotter très tôt aux réalités du terrain.
Bénévole à l’Agence Nationale des Titres Sécurisés du Tchad de 2022 à 2024, il y rédige et met à jour des documents administratifs, assure le suivi des dossiers. Formateur à l’UJAP (Union des Jeunes Ambassadeurs de la Paix depuis novembre 2023, il conçoit et anime des modules, coordonne des équipes pluridisciplinaires sur les enjeux du vivre ensemble, la cohabitation pacifique et du règlement pacifique des conflits. Plus récemment, il s’engage dans un programme de volontariat communautaire et de mobilité internationale pour des missions d’intérêt général et communautaire, de juin en août 2026.
Dans un monde où les titres sont parfois galvaudés, Alphonse fait figure d’exception. Il aime la discrétion, la discipline et la rigueur dans le travail. Alphonse ne triche pas, il construit pierre par pierre. Pour lui, seul le travail est un atout pour le développement d’un homme.
Un avenir tourné vers l’Afrique
Que veut-il, alors ? « Mes projets s’inscrivent dans la continuité de mon parcours en droit, de la recherche juridique et du conseil. Je souhaite poursuivre ma formation, approfondir mes travaux de recherche et développer progressivement une expertise dans les domaines du droit qui correspondent à mon parcours et à mes ambitions. »
Mais il ne se contente pas d’attendre. « D’ores et déjà, je mets mes expertises au service des entreprises, des institutions et des personnes qui ont besoin d’un accompagnement juridique, tout en contribuant à la réflexion et à la production juridique. » Une manière de lier l’utile au fondamental, le service à la réflexion.
Son intérêt est marqué pour « les questions de gouvernance, de paix et de sécurité en Afrique ». Un positionnement qui n’étonne guère chez un juriste formé au Tchad et au Cameroun, deux pays au cœur d’enjeux institutionnels et sécuritaires majeurs pour la sous-région. Sa capacité à évoluer en environnement multiculturel constitue des atouts considérables pour une carrière qui, sans doute, dépassera les frontières du Tchad.
Le parcours d’Alphonse est bien plus qu’un succès story individuel. Il incarne une génération de juristes africains qui refusent de choisir entre la rigueur académique et l’engagement de terrain, entre la théorie et la pratique, entre l’ambition personnelle et le service à la communauté.
Il rappelle aussi, plus simplement, qu’une vocation peut changer de forme sans changer de fond : sauver des vies, protéger les plus vulnérables, restaurer la dignité. Médecin par le rêve, juriste par la raison, Alphonse a fini par trouver sa voie celle d’un droit qui soigne autant qu’il tranche.
À l’heure où l’Afrique a besoin de talents solides, intègres et visionnaires, Alphonse DJONFANBE DJOLBOTA incarne cette promesse. Et ce n’est que le début.
Par Kenzo Brown

