Tchad : SOTRADA : 27 mois sans salaire, le cri de colère des travailleurs face à une crise qui s’éternise

Vingt-sept mois. C’est le chiffre qui résume aujourd’hui la détresse des employés de la Société tchadienne de traitement des déchets et assainissement (SOTRADA). Vingt-sept mois durant lesquels, selon le collectif des travailleurs, des salariés seraient restés sans percevoir leurs salaires, tandis que les difficultés s’accumulent et que les familles tentent de survivre tant bien que mal.

La situation dépasse désormais le simple conflit social. Elle pose une question fondamentale : comment peut-on demander à un travailleur de remplir ses obligations professionnelles lorsqu’il reste pendant plus de deux ans sans rémunération ?

27 mois d’impayés, des vies bouleversées

Dans une déclaration, le collectif des employés dénonce une situation devenue, selon lui, « intenable ». Derrière les chiffres se trouvent des hommes et des femmes confrontés chaque jour à l’endettement, aux difficultés familiales et à l’incertitude.

Les travailleurs affirment que certains collègues auraient été poursuivis en justice, voire arrêtés, faute de pouvoir honorer leurs engagements financiers. Des familles seraient également fragilisées par les impayés, avec des cas de divorces et des difficultés à payer les frais de scolarité des enfants.

Pendant ce temps, les factures continuent de tomber, les loyers doivent être payés et les besoins essentiels ne disparaissent pas avec le salaire.

Autre sujet de colère : les cotisations sociales.

Le collectif affirme que des prélèvements auraient été effectués sur les salaires des travailleurs sans avoir été reversés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Si ces accusations sont confirmées, la question serait particulièrement grave, car elle toucherait directement aux droits sociaux des employés.

Prestations familiales, couverture sociale, retraite : autant de droits qui pourraient être affectés par une éventuelle irrégularité dans le reversement des cotisations.

Les travailleurs affirment avoir déjà alerté la direction générale. Dans une correspondance datée du 30 juillet 2025, ils demandaient notamment la régularisation de leur situation auprès de la CNPS.

Le chômage technique, une décision qui fait grincer des dents

Comme si les 27 mois d’impayés ne suffisaient pas, les employés contestent également leur mise en chômage technique.

Selon le collectif, la procédure prévue n’aurait pas été respectée, notamment en ce qui concerne la rencontre tripartite entre l’employeur, les travailleurs et l’Inspection du travail.

Une situation qui suscite l’indignation des salariés : comment justifier une nouvelle mesure qui risque de précariser davantage des travailleurs qui affirment déjà ne pas avoir reçu leurs salaires pendant plus de deux ans ?

 

Où sont les réponses ?

Face à cette crise, le silence ne peut constituer une solution. Les travailleurs demandent l’intervention urgente des pouvoirs publics, notamment du ministère en charge du Travail et de l’Inspection du travail.

Ils réclament le paiement de leurs 27 mois d’arriérés de salaires, le règlement des indemnités liées au chômage technique ainsi que la clarification et la régularisation de leur situation auprès de la CNPS.

Au-delà des revendications, c’est la dignité de centaines de travailleurs et la survie de leurs familles qui semblent être en jeu.

Vingt-sept mois sans salaire, ce n’est plus un simple retard : c’est une crise sociale qui s’installe. Les employés attendent désormais des réponses concrètes, des actes et surtout une solution à une situation qu’ils décrivent comme devenue insupportable.

Par Kenzo Brown 

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