Cameroun : Violences au lycée technique de Dziguilao : une enseignante passée à tabac par son proviseur à coups de bouteille

Une réunion entre collègues a viré au drame, vendredi 28 mars 2026, au lycée technique de Dziguilao (Taibong, département du Mayo-Kani). Une enseignante a été brutalement agressée par le chef de l’établissement, aujourd’hui accusé de violences en réunion administrative.

Les faits se sont déroulés en pleine assemblée générale. Alors que Mme KALTOUFAYA, professeure au sein de l’établissement, prenait la parole pour critiquer ouvertement la gestion de son supérieur, M. DJONGMO DOURANDI, proviseur, ce dernier aurait littéralement explosé de rage.

Selon plusieurs témoignages concordants, le responsable pédagogique s’est rué sur l’enseignante, l’a frappée sauvagement, puis a utilisé une bouteille de bière pour lui porter des coups à la tête. Une violence d’une rare intensité, en pleine journée, devant des élèves et des collègues impuissants.

État de choc et recours judiciaire

Blessée, Mme KALTOUFAYA a été rapidement secourue par ses pairs, puis transportée vers un centre hospitalier. Elle a depuis obtenu un certificat médical, document essentiel pour engager des poursuites. La victime envisagerait sérieusement de déposer plainte contre son agresseur dans les tout prochains jours.

« Je ne crains rien » : le proviseur assume et menace

Ce qui frappe davantage l’opinion, c’est l’attitude du mis en cause. Loin de manifester le moindre remords, M. DJONGMO DOURANDI affiche une tranquillité troublante. Selon des sources internes, il aurait confié à ses proches « ne craindre ni pour sa liberté, ni pour sa fonction ».

Pourquoi une telle assurance ? Parce que le proviseur bénéficierait, selon nos informations, de la protection d’une « élite communautaire » très influente, en l’occurrence la deuxième personnalité du ministère des Enseignements secondaires. Une mainmise présumée qui, si elle se confirme, expliquerait son sentiment d’impunité totale.

Tollé dans la communauté éducative

L’affaire suscite déjà une vague d’indignation dans la région de l’Extrême-Nord et au-delà. Syndicats d’enseignants, parents d’élèves et défenseurs des droits humains dénoncent un « signal dangereux » envoyé aux personnels éducatifs : critiquer sa hiérarchie peut désormais exposer à des violences physiques, sans aucune garantie de justice.

Les regards se tournent aujourd’hui vers le parquet et l’inspection académique. L’enseignante obtiendra-t-elle réparation ? Le proviseur bénéficiera-t-il d’une protection discrète ? L’affaire promet de ne pas en rester là.

En attendant, une question demeure : dans une République, personne ne devrait être au-dessus des lois, pas même un chef d’établissement.

Par Georges Domo 

Commentaires Facebook