Togo : L’état d’urgence sécuritaire prolongé d’un an dans la région des Savanes
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Les députés togolais ont adopté, vendredi 27 février 2026, un projet de loi prorogeant l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes pour une nouvelle période de douze mois. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 13 mars 2026, marque la sixième prolongation consécutive de ce dispositif exceptionnel mis en place pour faire face aux menaces terroristes dans le nord du pays.
La séance plénière s’est tenue sous la présidence de Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale. Plusieurs membres du gouvernement étaient présents, dont le Colonel Hodabalo Awaté, Ministre de l’Administration Territoriale, et Calixte Batossie Madjoulba, Ministre de la Sécurité, venus défendre ce texte devant les représentants de la nation.
Une menace « persistante et évolutive »
Instauré en juin 2022 à la suite des premières incursions de groupes armés dans l’extrême nord du Togo, l’état d’urgence sécuritaire avait déjà été reconduit à plusieurs reprises (septembre 2022, avril 2023, mars 2024 et mars 2025). Selon l’exposé des motifs du gouvernement, ces précédentes prorogations ont permis de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécuriser les populations et leurs biens.
Cependant, les autorités estiment que « la persistance de la menace nécessite une vigilance plus accrue ». Lors des débats en commission puis en plénière, le groupe parlementaire majoritaire, l’Union pour la République (UNIR), a justifié ce nouveau délai de douze mois comme « une réponse lucide face à une menace terroriste persistante et évolutive ».
Un « rempart » pour le nord et un enjeu de souveraineté
Pour les députés du parti au pouvoir, cette prorogation a démontré son efficacité en servant de « rempart » contre les incursions jihadistes, empêchant toute tentative d’implantation durable de groupes armés dans la région des Savanes.
Au-delà de l’aspect strictement militaire, les élus ont souligné la portée multidimensionnelle de cette mesure :
· Diplomatique : Elle consolide les alliances du Togo avec ses voisins du golfe de Guinée et au sein de la CEDEAO.
· Économique : Elle vise à sécuriser les corridors commerciaux vitaux pour le transit et rassurer les investisseurs.
· Sociale : Selon le groupe UNIR, l’état d’urgence a permis de maintenir l’accès aux services essentiels comme la santé et l’éducation dans les zones affectées, affirmant que « la lutte contre le terrorisme ne peut être uniquement militaire, elle est aussi sociale, économique et morale ».
Adoption et engagement gouvernemental
À l’issue du vote, le projet de loi autorisant la prorogation pour une durée de douze mois à compter du 13 mars 2026 a été adopté en première lecture à une « large majorité ». Le gouvernement a salué ce vote qui lui permet de maintenir un cadre légal renforcé pour ses actions.
Prenant la parole au nom de l’exécutif, le Colonel Hodabalo Awaté a déclaré que cette décision traduisait « le choix de la prévoyance sur l’improvisation et de la protection sur le relâchement ». Il a réaffirmé l’engagement des autorités à poursuivre leur mission « avec mesure, discipline et dans le strict respect de l’État de droit », sous le leadership du Président Faure Essozimna Gnassingbé.
L’état d’urgence sécuritaire confère aux autorités des pouvoirs renforcés en matière de fouilles, de restrictions de circulation et de perquisitions, afin de faciliter les opérations de lutte antiterroriste dans cette région frontalière du Burkina Faso et du Bénin, particulièrement exposée aux violences jihadistes.
Par Francis Kaboré

